Posted by: petokask | March 24, 2019

L’idée de l’unification yougoslave (I)

La Yougoslavie en tant que pays fut créée officiellement il y a cent ans le premier décembre 1918 sous le nom de Royaume des serbes, croates et slovènes ( renommé le 6 janvier 1929 en Royaume de Yougoslavie). Le pays est la suite légale du pacte de Corfou de 1917 (accord conclu entre le gouvernement serbe et les représentants des slaves du sud au sein de la dynastie des Habsbourg) et est un état extrêmement hétérogène du point de vue ethnique, historique, confessionnel et linguistique.

 La diversité religieuse et ethnique de la Yougoslavie s’est exprimée à travers deux idées politico-nationales qui s’opposent sur la nature et le futur de ce nouvel état. Il est vrai que la Slovénie et la Croatie ont rejoint la Yougoslavie pour une raison défensive, afin de défendre leurs territoires ethnonationaux contre les politiques révisionnistes et d’irrédentisme prétentieux de l’Autriche et de l’Italie. Les représentants politiques de la Slovénie (Kranjska) et de la Croatie demandèrent une Yougoslavie fédérale qui laisserait à chacun des trois unités fédérales (Slovénie, Croatie et Serbie) une large autonomie politique, économique, culturelle et éducationnelle. Cependant, par opposition, la Serbie, qui perdit un quart de sa population durant la première guerre mondiale[1] et sacrifia son indépendance au nom de la Yougoslavie proposa le concept d’un état centralisé comme étant la meilleure solution pour la protection des serbes habitant hors de Serbie. En fait, la Serbie était un état relativement homogène ayant un haut niveau de confiance en soi depuis son indépendance internationalement reconnue au congrès de Berlin en 1878. Toutefois, cette conception fut acceptée quand une constitution centralisée fut votée par une courte majorité parlementaire le 28 juin 1921, créant u conflit avec le principal parti politique croate – le parti paysan du peuple croate (HNSS).[2]

Le royaume de Serbie était certainement un “Piémont Yougoslave” et il souffrit durement pendant la première guerre mondiale pour l’unification des slovènes, des croates, des serbes et des autres slaves en une unique entité politique. La première expression de l’unification yougoslave par la Serbie comme un but de la guerre menée par Belgrade le fut auprès des pays de l’Entente dès le mois d’août 1914[3] mais l’idée d’une unification politique des slaves du sud vient d’une longue tradition qui remonte à 1794.

Les origines de “l’Idée de l’Union” (1794)

Le développement de “l’Idée de l’Union”, c’est à dire le regroupement des slaves du sud au sein d’un seul pays tire son essence des origines linguistiques, ethniques, historiques communes à tous les slaves du sud. Celles-ci se retrouvent à la fin du 18ème siècle quand le plus grand historien serbe de l’époque, Jovan Rajić, publia à Vienne en 1794 son ouvrage le plus important intitulé “Une histoire des différents peuples slaves, en particulier les bulgares, les croates et les serbes”. Il souligna dans son travail que les croates sont des slaves qui ont créé leur état en Dalmatie (c’est à dire que la Dalmatie était une région originelle de l’état croate indépendant). Les voisins des croates, les serbes, vinrent du Nord et s’établirent dans les régions de Macédoine, de Dalmatie, de Slavonie, de Mésie, de Rascie et de Bosnie[4]. Finalement, selon l’opinion de l’auteur, les écrivains médiévaux mélangèrent les bulgares avec les valaques balkaniques.

Il y eut un historien allemand, A. L. Schltzer qui, dans son Allgemeine nordische Geschichte (1771)  créa la première généralisation sur la dispersion des tribus slaves après leur (fausse?) “grande migration” au 6ème siècle. Il y eut également un étudiant qui créa le terme de slaves du sud (Sd-Slaven). Ensuite, l’historien slovène Anton Linhart fut celui qui introduisit pour la première fois ce terme dans la culuture des slaves du sud (en 1802). Les termes Yougoslavie et yougoslaves furent utilisés pour la première fois en 1834 par les autorités autrichiennes et se répandirent pendant et après la révolution de 1848-1849. [5] Cependant, à l’origine, le terme yougoslaves se référait uniquement aux slaves vivant sous la monarchie des Habsbourg.

Un écrivain serbe vivant sous cette dernière au début du 19ème siècle, Dositej Obradović, anticipa une communauté des slaves du sud sur une base linguistique. [6] Il instilla dans le sujet balkanique l’idée romantique ouest-européenne, avancée par les philosophes rationalistes, qu’une langue peut être parlée par une communauté ethnonationale. Cependant, il fit une distinction claire entre un parler ethnonational serbe (le dialecte Štokavien) des dialectes similaires des slaves du sud. Pour lui, les  frontières d’une langue commune aux slaves du sud sont les mêmes que celle de la nation ethnique des slaves du sud, sans tenir compte de la situation actuelle (et historique) des slaves du sud qui vivaient dnas des entités politiques distinctes (états) et professaient des croyances différentes (appartenant à des églises et croyances théologiques différentes et parfois antagonistes que sont le catholicisme romain, l’orthodoxie et l’islam).

Le yougoslavisme illyrien français (1809-1814)

Avec la création des Provinces Illyriennes (par Napoléon), composées de la Dalmatie, de Dubrovnik, d’une partie du Monténégro, de l’Istrie, du sud de la Croatie et du sud de la Slovénie, qui exista en tant que réalité politique entre 1809 et 1814, commenca pour les slaves du sud une période où ils commencèrent à vivre sous une seule entité politique. Toutes ces provinces furent incorporées après le congrès de Vienne de 1815 au sien de l’empire autrichien, renommé en 1867 empire austro-hongrois. La nouvelle donne politique dans les Balkans (entre 1809 et 1814) eut une influence certaine dasn la création  parmi les slaves du sud situés dans l’ouest d’une conscience de leur origine ethnonationale commune et, plus encore de leur unité. Cependant, la politique napoléonienne du yougoslavisme illyrien était, par essence, anti autrichienne, aussi “ces peuples variés durent être éduqués avec l’idée d’une seule nation de façon à ce qu’ils partagent le même esprit et les mêmes idées”[7] ce qui signifiait dans les faits de les séparer de l’empire autrichien. De fait, le gouvernement napoléonien mena une politique d’unification politiques et administrative des slaves du sud (yougoslav) sous les auspices d’une seule langue illyrienne et d’une seule nation ethnolinguistique illyrienne.[8] Ce fut, en fait, une politique d’unification nationale des slaves du sud français sous le  nom ethnonational illyrien (yougoslave).

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En ces temps d’absolutisme politique au sein de l’empire austro-hongrois après le congrès de Vienne (1814-1815), l’empereur autrichien garda certaines institutions et usages qui avaient été mis en place par l’administration française des anciennes provinces illyriennes. Par exemple, la partie sud de l’actuelle Croatie (de la rivière Kupa à la Dalmatie) demeura administrée avec les provinces slovènes. En réalité, l’organisation du royaume illyrien, en tant que territoire de la couronne autrichienne, fut le début d’une politique viennoise anti-hongroise. Cependant, Vienne conduisit une politique yougoslave selon laquelle le royaume illyrien devrait être le noyau d’une province administrative unique des slaves du sud (yougoslaves) au sein de l’empire autrichien, de manière à empêcher une unification des slaves du sud (ou du moins une unification pan-serbe) sous la direction de la Serbie, c’est à dire hors des frontières de l’empire autrichien. Ce plan “yougoslave” émanait à l’origine du chancelier autrichien Clemens von Metternich. Pour lui le royaume illyrien autrichien devait inclure toute la Dalmatie afin de créer une unité fédérale (province) des slaves du sud (yougoslaves) au sein de l’empire autrichien (Mittägliches Slavisches Reich).[9]

La renaissance nationale croate – le mouvement illyrien (1830-1847)

Originellement soutenu par les autorités autrichiennes, une idéologie propagandiste officielle de la renaissance nationale croate – mouvement illyrien (1830-1847)[10], menée par un allemand croatisé Ljudevit Gaj (Ludwig Gay), engloba tous les slaves du sud au sein d’un seul ethnogroupe linguistique qui devraient tous vivre dans un état national unifié de Grande Illyrie et s’étendrait des Alpes à la Mer Noire. Il est très clair dans l’article Naš narod écrit en 1835 par Ljudevit Gaj que celui-ci pensait que le Magnum Illyricum (comme un état unifié des slaves du sud ou état yougoslave, constitué des parties occidentales, centrales et orientales des Balkans) devait inclure les slovènes, les croates, les dalmates, les monténégrins, les serbes et enfin les bulgares.[11]

Ljudevit Gaj favorisa clairement une “unification totale” de tous les slaves du sud incluant les bulgares mais, pour les serbes et les slovènes, son projet de grande Illyrie n’était rien d’autre qu’une grande Croatie renommée et faisant partie de l’empire autrichien. Cependant, la propagande pan-yougoslave dans les écrits de Lj. Gaj, dans l’optique d’un état commun de tous les slaves du sud, a été comprises par une majorité d’intellectuels serbes et slovènes de ce temps come une politique cachée de l’impérialisme autrichien utilisant les croates pour la réalisation des buts de la politique étrangère de Vienne. Par exemple, Lj. Gaj fut le premier à proposer un nom commun pour les slaves du sud du royaume trine(Dalmatie, Croatie et Slavonie) devait être les serbo-croates qui parlaient le serbo-croate (ou croato-serbe)[12] mais, pour les serbes, une telle proposition n’était rien d’autre que la proclamation de la politique austro-croatienne ainsi que la croatisation des chrétiens orthodoxes serbes qui n’ont jamais parlé serbo-croate mais uniquement le serbe.[13] Par conséquent, les serbes et autres terres des slaves du sud devaient être croatisés, par le biais de la construction politico-ideologique artificielle du yougoslavisme illyrien, au sein de l’Autriche catholique Romaine. Toutefois, Lj. Gaj appela un état commun aux slaves du sud Magnum Illyricum, divisé entre le “haut” (Slovénie), le “milieu” (la majeure partie de la Croatie) le le “bas” (de la Bosnie à la mer Noire)[14]– suivant en cela les écrits du compatriote allemand croatisé Paul Ritter (Pavao Ritter Vitezović) des années 1700 (Croatia redivida…) sur l’assimilation de tous les slaves du sud à des croates et celle des terres yougoslaves à la grandde Croatie.[15] En d’autres termes, Lj Gaj et et ses Yougoslaves illyriens croates a incorporé les terres des slaves du sud – de la Mer Adriatique à la Mer Noire, de Villach (Beljak) et Gorizzia en Hongrie inférieure et de Skadar à Varna – dans le Magnum Illyricum.[16] Cependant, le centre politique de leur Magnum Illyricum devait être la capitale de la Croatie, Zagreb. Désormais, le yougoslavisme illyrien croate n’était rien d’autre qu’une forme d’impérialisme austro-croate romain catholique sur les Balkans.

Néanmoins, avant les activités politiques des illyriens croates, Vuk Stefanović-Karaddžić, un célèbre réformateur de la langue serbe et linguiste, standardisa la langue littérale des Serbes en prenant comme base la langue historique du peuple serbe: un dialecte Štokavien. Cependant, ce modèle d’une langue serbe unifiée fut “empruntée” par Ljudevit Gaj pour la langue littérale des croates. Cela eût pour résultat qu’à partir de la première moitié du 19ème siècle, les serbes et les croates parlaient une langue commune, de par l’appropriation du dialecte national serbe qui fut rapidement rebaptisé par les linguistes croates “serbo-croate” puis “langue yougoslave”. Chez les slovènes, la standardisation de la langue est achevée par Frances Prešern et d’autres poètes slovènes dans la première moité du 19ème siècle.[17]. Un des points d’accords entre tous les linguistes des slaves du sud lors de ce 19ème siècle pro-yougoslave était l’opinion qu’après le processus de la standardisation des “langues nationales” des slaves du sud, ces dernières devraient être entendues comme différentes expressions écrites d’une langue orale.

Les serbes: entre une Grande Serbie ou une Grande Yougoslavie

Après la chute des Provinces Illyriennes napoléoniennes et la fin de la révolution serbe contre les seigneurs ottomans (1804-1833), la société serbe s’est divisée entre deux camps au sujet de la politique nationale serbe pour les cent prochaines années:

  • conduire un projet d’état national serbe unifié (une grande serbie)
  • devenir la “locomotive” de l’unification des slaves du sud (une grande yougoslavie)

D’une part, un esprit d’anti-yougoslavisme a pris ses quartiers chez un certain nombre de politiques et d’universitaires qui voyaient uniquement “l’Idée de l’Union” comme une création idéologique de l’Autriche pour incorporer tous les slaves du sud dans l’Empire autrichien au sein de la province de Grande Croatie.

Battle_of_Mišar_Afanasij_ScheloumoffLa bataille de Mišar s’est tenue du 12 au 15 août 1806 avec une victoire serbe sur les ottomans

Au milieu du 19ème siècle, il y eut des projets politiques serbes très importants au sujet du futur de la péninsule balkanique.[18] Le plus important d’entre eux était le plan secret de politique extérieure serbe – Načertanije (1844), ou le brouillon, écrit par le ministre de l’intérieur serbe, Ilija Garašanin, qui n’a clairement pas prévu un état yougoslave commun mais seulement une plus  Serbie plus grande/ unifiée (c’est à dire l’unification de tous les serbes et de leurs terres en une seule entité politique – une principauté de Serbie). Son projet géopolitique fut conçu comme un programme politique contre l’unification yougoslave propagée par les croates autrichiens  et acceptée par certains serbes de l’Empire d’Autriche. Le Načertanije d’Ilija Garašanin fut, en gros, rédigé pour contrer une proposition de politique étrangère serbe considérée comme anti-russe par un agent polonais en Serbe, Francisco Zach, suivant en cela les instructions données par le comte polonais Adam Czartoryski dans Conseils sur la conduite a suivre par la Serbie (1843). L’idée simple de Czartoryski était que la Serbie devait prendre la tête d’une politique d’unification des slaves du sud dans l’intérêt de la création d’une Yougoslavie balkanique qui aurait été un point fort contre les avancées de l’Autriche et la Russie dans la péninsule. En d’autres termes, , le but ultime de la politique étrangère de la Serbie devait être la création d’un état commun des slaves du sud depuis les Alpes jusqu’à la Mer Noire.[19]. Cependant, Ilija Garašanin rejeta l’idée de Czartoyski et plutôt qu’une grande Yougoslavie anti-russe, dessina une grande Serbie qui aurait comme premier défenseur la Russie chrétienne orthodoxe.

D’autre part, il y eût cependant beaucoup de fonctionnaires serbes, venant principalement de l’Empire autrichien, qui prirent les politiques d’unification yougoslave comme l’unique moyen de résoudre la “Question Serbe” dans les Balkans. Ils réclamaient un pouvoir politique de cette union au profit de la principauté de Serbie pour deux raisons politiques:

  • La Serbie organisa deux soulèvements nationaux contre l’Empire ottoman (1804-1813 et 1815), par conséquent elle fut, avec le Monténégro, la seule terre des slaves du sud à obtenir une semi-indépendance à partir du milieu du 19ème siècle, ceci étant le résultat de son ombat pour la libération de cette tutelle étrangère.
  • La Serbie commença à se définir comme la première nation des Balkans et de l’aire des slaves du sud sans éléments féodaux, selon les tendances modernes de l’Europe de l’ouest. Cette caractéristique sociale devint bientôt l’élan crucial pour tous les mouvements libéraux parmi les Slaves du Sud.[20]

Un bon exemple des penseurs autrichiens du camp pro-yougoslave (ou de ceux se battant pour la création d’un état commun aux slaves du sud afin de résoudre la “Question Serbe”) fut Matija Ban, un écrivain libéral serbe et catholique romain originaire de Dubrovnik[21] qui vint vivre à Belgrade en 1844. Sa tâche principale fut de faire évoluer la politique étrangère serbe d’une idée de création de grande Serbie chrétienne orthodoxe (sur le plan d’Ilija Garašanin) vers la formation du patchwork yougoslave avec les slovènes et les croates, tous deux catholiques romains.[22]

A suivre dans la deuxième partie.

Notes:

[1] Andrej Mitrović, Prvi svetski ratPrekretnice novije srpske istorije, Kragujevac, 1995, p. 82. Dans certains départements serbes, la perte de population pendant la guerre fut supérieure à 80%[Mira Radojević, Ljubodrag Dimić, Srbija u Velikom ratu 1914−1918, Beograd, 2014, p. 245].

[2] Jan Palmowski, A Dictionary of Contemporary World History from 1900 to the Present Day, New York, 2004, p. 706.

[3] Mile Bjelajac, 1914−2014: Zašto revizija. Stare i nove kontroverze o uzrocima Prvog svetskog rata, Beograd, 2014, p. 200.

[4]Jovan Rajić, История разних словенских народов, найпаче Болгар, Хорватов и Сербов, vol. II, Wien, 1794, pp. 168–169; Milorad Ekmečić, Stvaranje Jugoslavije 1790–1918, vol. I, Beograd, 1989, p. 47.

[5] Franjo Ilešić, “O postanku izraza ‘Jugoslovenski”, Prilozi zaknjiževnost, jezik, istoriju i folklor, IX, 1–2, Beograd, 1929, p. 153.

[6] Milorad Ekmečić, Stvaranje Jugoslavije 1790–1918, vol. I, Beograd, 1989, p. 53.

[7] Monika Seknowska-Gluck, “Illyrie sous la domination Napoleonienne 1809–1813”, Acta Poloniae Historica, 41, Warszawa, 1980, p. 100; John B. Allcock, Explaining Yugoslavia, Columbia University Press, New York, 2000, p. 221.

[8] A cette époque, il était admis que l’ensemble des slaves du sud descendaient des anciens habitants de la péninsule balkanique, les illyriens.

[9]  Arthur G. Haas, Metternich. Reorganisation and Nationality, 1813–1818. A Study in Foresight and Frustration in the Rebuilding of the Austrian Empire, Wiesbaden, 1963, p. 100.

[10] Dragutin Pavličević, Povijest Hrvatske, Drugo, izmijenjeno i prošireno izdanje, Zagreb, 2000, pp. 243−254.

[11] Ljudevit Gaj, “Naš narod”, Danica, 34, Zagreb, 29 août 1835.

[12] Franjo Fancev, “Ilirstvo u Hrvatskom preporodu”, Ljetopis JAZU, 49, Zagreb 1937.

[13] Petar Milosavljević, Srpski filološki program, Beograd, 2000, pp. 321−322.

[14] Ljudevit Gaj, “Naš narod”, Danica, 34, Zagreb, 292 août 1835. Lors de la première visite de Budapest par Ljudevit Gaj en 1846 un des diplomates britanniques du renseignement a remarqué qu’il était sûrement convaincu dans le fait que « Le but secret des Croates était probablement de créer un Royaume illyrien qui serait composé de la Carniolie, la Carinthie , l’Istrie, la  Croatie, la Slovénie, la Serbie, Bosnie, Herzégovine et Dalmatie » [Blackwell à Palmerston, “Memoire on the Agitation in the Austrian Empire. Viewed as a Question of Diplomacy », Londres, 21 août 1846, Public Record Office, Foreign Office, Londres, 7/333, no 109].

[15] Pavao Ritter Vitezović, Croatia rediviva: Regnante Leopoldo Magno Caesare, Zagreb, 1700; Ivo Perić, Povijest Hrvata, Zagreb, 1997, p. 122.

[16] Franjo Tuđman, Hrvatska u monarhističkoj Jugoslaviji, vol. I (1918–1928), Zagreb, 1993, p. 16.

[17] Selon Tuđman, l’idée de Karadžić que tous les dialectes Štokaviens des populations de langue serbo-croate sont d’origine serbe, écrit dans son article Srbi Svi i svuda en 1836 et publié dans Kovčežić za istoriju, jezik i običaje Srba Sva tri zakona (Wien 1849), a été la raison cruciale pour les Croates de se détourner de l’idée de l’illyrisme vers l’idée du croatisme. Tuđman, également, a souligné que la théorie de Karadžić a été un fondement du « grand serbisme » pour les futures générations d’idéologues et de politiciens serbes afin de créer une grande Serbie [Franjo Tuđman, Hrvatska u monarhističkoj Jugoslaviji, vol. I, Zagreb, 1993, pp. 22–23]. Cependant, Tuđman avait tort sur ce point pour la raison que l’idée de Karadžić de la domination serbe sur le Štokavien lui a été inspirée par les principaux linguistes slaves de cette époque et il l’a présenté publiquement comme une réponse serbe à la croatisation des catholiques romains parlant le  Štokavien par les dirigeants du Mouvement illyrien croate.

[18] A propos de ce sujet, voir dans [Dragan Simeunović, Iz riznice otadžbinskih ideja. Slobodarski međaši naše političke misli 19. veka, Beograd, 2000].

[19] Dragoslav Stranjaković, “Kako je postalo Garašaninovo ‘Načertanije’Spomenik, 91, Beograd, 1939, p. 13; Vasa Čubrilović, Istorija političke misli u Srbiji XIX v., Beograd, 1958, pp. 166–169.

[20] Milorad Ekmečić, Stvaranje Jugoslavije 1790–1918, vol. I, Beograd, 1989, p. 165.

[21] Dubrovnik (Ragusa) fit partie de l’Empire d’Autriche de 1814 à 1867 puis de la moitié autrichienne de l’Empire austro-hongrois de 1867 à 1918.

[22] Milorad Ekmečić, Stvaranje Jugoslavije 1790–1918, vol. I, Beograd, 1989, pp. 369–370.

Traduit par mes soins du site Oriental Review. l’original est disponible ici. Merci de me citer en cas de réutilisation.

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  1. […] Partie I […]

  2. […] Partie I, Partie II […]


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