Posted by: petokask | January 24, 2015

La Serbie se tournera-t-elle vers l’Est? La véritable signification de la visite de Poutine

NDT: ne vous braquez pas sur l’aspect anti-facho ou aux accents “cocos” du texte. Je le traduis car c’est, à mon avis, un point de vue intéressant sur la position de la Serbie. Le reste ne compte pas. 

Acthumbclamés par des dizaines de milliers de citoyens, les colonnes de chars serbes, véhicules blindés et les milliers de soldats ont paradé sur le boulevard Nikola Tesla, jeudi, à Belgrade. L’arrivée de la parade était le Palais de Serbie, où les dirigeants internationaux, les dignitaires et militaires de haut rang étrangers attendaient dans des tribunes. Parmi eux, le plus important, figurait le prtésident russe Vladimir Poutine. Lors d’une cérémonie tenue à l’occasion de cette parade, il a été décoré de l’Ordre de la République de Serbie, la plus haute distinction du pays.

Jeudi dernier (21/10/2014) marquait le soixante-dixième anniversaire de la libération de Belgrade des forces d’occupation nazies. Quelques survivants de la seconde guerre mondiale se tenaient sur la tribune des dignitaires, en hommage à tous leurs camarades tombés lors de la grande guerre de libération.

Cet événement n’était pas juste commémoratif, il était surtout un moment historique. D’abord, c’était la première parade militaire serbe depuis 1918, et la première parade militaire en Serbie depuis 1985, quand elle était le cœur de la République Fédérale Socialiste de Yougoslavie (RSFY). Un spectacle aérien (Strizhi) de chasseurs MiG russes au dessus de Belgrade a captivé l’assistance pendant que les transports de troupes blindés défilaient sur le chant des partisans de la seconde guerre mondiale, Po Šumama i Gorama (“Dans les bois et les montagnes”)

Mais la signification de cet événement est bien plus grande, bien plus qu’un simple reflet historique et que la célébration nationale d’une grande victoire de son peuple sur la plus puissante et la plus agressive machine de guerre en Europe à ce moment-là. La signification de cet événement va bien au-delà d’être un affichage d’union nationale et un souvenir. Il est le symbole d’un tournant que vient de prendre la Serbie en direction de son allié historique, la Russie. Avec Poutine comme invité d’honneur, la Serbie semble semble annoncer un nouveau départ, tout en célébrant ouvertement et sans complexes le passé.

En fait, pour le plus grand désarroi de l’OTAN, le premier ministre serbe Aleksandar Vucic a annoncé dans une conférence de presse commune avec Poutine, après la cérémonie, que la Serbie ne rejoindrait jamais l’UE dans ses sanctions à l’encontre de la Russie. Dans cette optique, nous pouvons voir que la Serbie est en train d’opérer un tournant “vers l’Est”, vers la sphère eurasienne.

41d50ff10a4b964f5474-300x200Comme le montrent les sondages, une large majorité de serbes est opposée à la politique de l’UE et à ses diktats, ainsi qu’à y entrer. Ils voudraient augmenter le commerce avec les pays européens, tant que ces derniers respectent le principe démocratique fondamental de la souveraineté nationale, et l’autodétermination du peuple serbe. Les directives de Bruxelles sont, du point de vue de nombreux analystes, à l’extrême opposé du concept de souveraineté. Les politiques européennes, combinées à la crise économique et à la hausse des politiques d’austérité, ont mené à une augmentation jamais vue de l’euroscepticisme au sein de l’UE et des pays de l’Eurozone.

On peut seulement imaginer la frustration des USA, de l’OTAN et des atlantistes de l’UE qui ont cru pouvoir exercer des pressions sur la Serbie avec une hypothétique entrée dans l’UE. Cela n’a eu aucun effet sur elle car, à l’heure actuelle, la Serbie a le statut d’observateur au sein de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), considérée par l’OTAN comme la réincarnation du pacte de Varsovie. Elle a aussi conclu un traité de libre-échange avec la Russie, similaire à celui que l’Ukraine a conclu. Le coup d’état soutenu par les USA en Ukraine, justifiée par ses partenaires européens comme un préambule nécessaire à l’élaboration d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’UE, a montré au Monde ce que des pressions accentuée sur la Serbie donneraient. Cependant, au contraire de l’Ukraine, le nationalisme serbe est pan-slave et anti-hiltérien dans ses orientations.

Les événements de jeudi dernier ne furent pas seulement un exercice formel du souvenir mais ils étaient vigoureux, optimistes et militarisés, ce qui a envoyé un message plus fort par les images que cela ne l’aurait fait par des mots. Ce qui dérange encore plus l’OTAN, c’est que la Serbie va obtenir la présidence de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) l’an prochain. Que cela va-t-il donner au sujet de la mission de l’OSCE dans la région du Kosovo, dans le sud de la Serbie, actuellement sous occupation américaine?

 D’ailleurs, le moment le plus important de ce jeudi était la signature d’une alliance russo-serbe, qui aurait été trouvée sans même avoir besoin de la signer. Réagissant d’un ton condescendant et paternaliste, le rapporteur parlementaire sur la Serbie, David McAllister, a exprimé son inquiétude quand aux événements de jeudi, répétant que l’UE et l’OTAN ne voyaient pas d’un oeil favorable 4500 soldats serbes saluer Vladimir Poutine. Il a aussi déclaré qu’il attendait de la Serbie qu’elle reste dans le chemin de l’accession a l’UE.

L’Etat serbe, dirigé par Tomislav Nikolic (du Parti du Progrès) a déjà défini de façon formelle sa politique sur une éventuelle intégration de l’UE. Avant son élection, le soutien à une intégration (au sein de la population) était à un niveau de 70%. En évacuant les préoccupations serbes sur la baisse de l’eurodollar, de nombreux contretemps et les frustrations sur des points de négociation critiques ont contraint Bruxelles à repousser des discussions approfondies. Dans le même temps, le soutien serbe a chuté aux environs de 40%. Cela a mené les analystes de l’UE a se demander si les intentions exprimées par la Serbie d’entrer dans l’UE étaient sincères. Celle-ci continue d’affirmer sa volonté d’entrer au sein de l’union européenne, mais simultanément tient ferme sur un nombre croissant de règles non-négociables.

 Peut-être pour clarifier sa position, Nikolic a déclaré ce qui suit lors de cet événement:

Je partage dans la gloire de l’histoire de la Serbie et la Russie, un lien permanent et incassable de fraternité, une amitié qui était toujours, maintenant et pour toujours la fierté de nos pays et peuples, au bénéfice de n’importe quel homme de bonne volonté dans le Monde.

La Serbie et la Russie sont liés dans l’origine, la langue, les coutumes, la religion, l’histoire, la culture, un amour sublime pour la liberté et la fierté héroïque, des tertres communs et des tombes inconnues, des orphelins abandonnés et des femmes, de jeunes vies diminuées, une génération perdue qui se rappelle notre lutte commune.

Qui d’entre nous serait là s’il n’y avait aucune guerre que nous n’avons pas commencée? “

41d50ffb1ac1047132e5-300x200Une écrasante majorité des serbes soutiennent le président Poutine, beaucoup le voyant comme un président de remplacement. Les succès de la Russie et de Poutine sont, dans l’inconscient  collectif serbe, aussi les leurs. En partie au travers de leur affinité avec la Russie, Les Serbes se sentent partie prenante d’un monde plus grand de pertinence géopolitique. Mais cette opinion majoritaire n’avait jamais, jusqu’à présent, trouvé son expression au sein de son propre gouvernement, alors même que les sentiments anti-OTAN sont considérés comme étant partie prenante de l’identité serbe.

Cette contradiction a bouillonné pendant un certain temps et trouve maintenant des signes tangibles d’une concrétisation. La Serbie a lentement émergé d’une occupation néo-coloniale après plusieurs stratégies. Les pouvoirs occidentaux ont soutenu presqu’une décennie de guerre civile, prenant la vie de presque 100 000 personnes. Cette guerre criminelle et illégale par procuration de division et de conquête, par les USA guidés par l’OTAN en Yougoslavie, a été suivi par une campagne de 76 jours de bombardement par l’OTAN en 1999 qui a culminé par l’expulsion du président démocratiquement élu Slodoban Milosevic en octobre 2000.

L’opération a été coordonné au sol par “Otpor!”, un mouvement paravent soutenu par les USA, financé par le NED (Fondation Nationale pour la Démocratie) de Soros. En provenance en grande partie du travail de Gene Sharp, il est largement admis que cette opération a été l’une des premières applications modernes de ce qui est maintenant appelé la tactique combinée du Printemps Arabe et de la Révolution de Couleur.

Quand le lion tue, le chacal prospère; et les douze ans qui suivirent virent la Serbie dirifée par un gouvernement fantôche, soutenu par une oligarchie pro-UE et OTAN-compatible. Certians comme Kostunica furent recrutés directement au sein de “Optor!”. Mais à présent cette regrettable hidtoire, pleine de trahison et de peine, n’est que le prologue d’un nouveau livre traitant d’une nouvelle Serbie eurasienne.

La visite capitale et historique de Poutine, donc, n’a pas seulement pour objet le passé mais aussi le présent et le futur. Le souvenir du combat commun n’a trouvé aucune allusion dans les commentaires de Poutine à propos de l’Ukraine et de la Novorussie. Durant sa visite, il a donné un entretien révélateur au journal serbe Politika. Interrogé sur les relations bilatérales entre la Russie et les USA, il a déclaré:

“Washington a soutenu activement le “Maïdan” à Kiev et, résultat de leurs manigances dans la capitale, un nationalisme s’est levé qui a provoqué un ressentiment dans une part importante de l’Ukraine et a plongé le pays dans la guerre civile. (Les Etats-Unis) ont commencé a accuser la Russie, à dire qu’elle avait provoqué la crise. Le président Barack Obama, face à l’assemblée de l’ONU, a inclus “l’agression russe en Europe” sur la liste des trois principales menaces de l’humanité, avec la fièvre mortelle Ebola et le groupe terroriste “ISIS”.

En rajoutant à cela les sanctions dirigées contre des pans entiers de notre économie, une telle approche est difficile à définir autrement qu’hostile”.

 La lutte contre le nazisme n’a pas juste une signification historique mais renvoie clairement à la lutte qui se déroule actuellement en Novorussie contre la junte soutenue par les USA. Bien que la Serbie ait récemment introduit un projet de loi pour interdire à ses ressortissants de se porter volontaires dans des conflits étrangers, plus de deux cent serbes, se sont engagés du côté pro-russe au sein de la nouvelle Fédération de Novorussie. Il est trop tôt pour juger de l’effet qu’aura la visite de Poutine sur le résultat du vote ni, si le texte est voté, sur son application réelle.La guerre civile dans l’ex-Ukraine dépend en partie des volontaires étrabgers engagés dans une résistance anti-nazi ou anti-fasciste.

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Les accords signés aujourd’hui entre Poutin et Nikolic  sont également remarquables. l’un d’entre eux concerne une organisation gouvernementale russe à Niš, dans le sud de la Serbie. Un agrément a été signé, accordant une immunité légale complète aux employés de l’organisation.

Le Centre Humanitaire Russo-Serbe est sous étroite surveillance de la minorité et les représentants de l’ambassade des USA ont demandé des investigations rigoureuses. Les accusations sont que le Centre Humanitaire, aussi appelé Centre des Situations d’Urgence,  est une plateforme du FSB, avec le but ultime d’établir une base militaire russe. Cela a été démenti par les autorités serbes. Il y a un mouvement mimétique croissant demandant des bases militaires russes dans le sud de la Serbie. Niš est à 80 kilomètres du camp Bondsteel, dans la région occupée du Kosovo, dans le sud de la Serbie.

Poutine a aussi, durant sa visite, réitéré sa position inflexible sur la nécessaire fin de l’occupation du Kosovo, et le retour de son contrôle à la Serbie.

Toutes les propositions du projet South Stream passent par Niš, ou à côté.

Le Centre des Situations d’Urgence a ouvertement mis en place un centre de commandement pour les “situations d’urgence”, comme les crues subites qui ont ravagées la Serbie en mai dernier, qui ont coûtées de nombreuses vies. C’est une théorie conspirationniste très populaire en Serbie que ces inondations ont été causées par le programme américain HAARP, comme une punition à l’encontre du pays pour ses refus de répondre aux appels de l’UE à abandonner le projet de gazoduc South Stream. L’achèvement du pipeline est une pièce maîtresse pour l’accès de la Russie au marché européen autant qu’une contre-mesure contre l’instabilité que les USA ont créé en Ukraine, par où 65 à 70% du gaz russe transitent actuellement en direction de l’Europe.

Sur la question de South Stream, Poutine a aussi souligné l’importance du projet devant sa visite d’aujourd’hui. Il a déclaré:

“Le projet South Stream ne peut pas être réalisé unilatéralement. Comme en Amour, il faut une volonté des deux côtés. Nous ne pouvons pas construire un gazoduc qui coûte des milliards par nous même. Nous avons mené des discussions similaires pour le gazoduc NordStream, qui satisfait tout le monde aujourd’hui. Les problèmes avec South Stream sont politiques, et créent des dégâts sur l’économie. Nous ne voulons pas avoir une crise de l’énergie cet hiver. Cela ne sera certainement de notre faute.

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On peut certainement lire entre les lignes pour la dernière phrase, et ce que cela signifie pour l’Ukraine.

D’autres domaines de pourparlers ont tourné autour de l’exportation de marchandises serbes en Russie. Les exportations serbes, le plus souvent des productions agricoles, vers la Russie ont crût de 60% depuis que l’OTAN/UE a imposé des sanctions fin janvier 2014. Les discussions ont été aussi orientées autour des productions laitières.

Mais cela pourrait n’être que le commencement, et les consultants en agribusiness pourraient être impliqués dans des projets futurs. Le manque d’organisation est le gros problème des exportations serbes car les producteurs agricoles ne sont pas réunis au sein d’une union des producteurs pour exporter ensemble. Pour ces raisons, les choses bougent vite. Cela reflète certains éléments de la culture serbe, qui opte pour une approche très rationnelle du commerce et de la vie.

De plus, il y a eu des discussions plus approfondies entourant l’export de voitures fabriquées en Serbie, sous la marque Zastava (anciennement Yugo, utilisant la plateforme Fiat), vers la Russie. Comme cela a été aindiqué, la Serbie profite d’un accord de libre-échange avec la Russie.

L’Allemagne a indiqué que cela pourrait être une sorte d’échappatoire aux sanctions et régimes tarifaires, en ayant la Serbie qui opère comme un intermédiaire entre eux et leur partenaires russes. L’Allemagne s’est aussi sentie étouffée par des règlements de l’Union européenne, ayant déjà ouvert le débat de la sortie de l’UE. A la lumière des sanctions européennes imposées à la Russie à propos de la Novorussie, un obstacle sérieux pour l’Allemagne, cela peut être plus attirant que jamais auparavant. La Serbie est le meilleur candidat grâce à sa proximité avec l’Europe centrale ainsi qu’à son statut d’état hors de l’UE. L’offre d’une Serbie étant ” l’Etat à l’Unique Etoile ” (Référence au Texas) dans les Balkans, pourrait au final être très rentable.

Tout cela indique un changement réel et grandissant non seulement pour la Serbie, mais pour toute l’Europe. Le conflit entre l’OTSC et l’OTAN allant s’intensifiant, la Russie renforce ses alliances traditionnelles et réaffirme son soutien à ” la Marée Rose ” de ses alliés latino-américains du MERCOSUR. La Russie ne s’oppose pas à une éventuelle intégration de la Serbie à l’UE, la voyant comme un autre atout à l’intérieur, cela pouvant l’aider à maintenir ses positions dans les relations bilatérales.

Avec tout ceci en tête, nous savons au moins une chose: les pluies diluviennes n’ont pas dissuadé un seul serbe de participer à l’événement majeur de jeudi qui a causé d’énorme bouchons dans Belgrade ce dont, pour la première fois depuis bien longtemps, les habitantes se sont réjouis.

Source

Traduit de l’anglais par mes soins. Libre de droits sous réserve de me citer.


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