Posted by: petokask | June 18, 2015

Un nouveau calcul stratégique pour les Balkans (I)

thumb.phpLes Balkans sont revenus à l’avant-scène de la géopolitique européenne comme un résultat de la nouvelle guerre froide, les Etats-Unis et la Russie s’affrontant en une guerre paravent à travers de l’oléoduc Balkan Stream dans la région. Les circonstances géopolitiques ont évoluées depuis les années 1990 lorsque tous les états de l’ancienne Yougoslavie ont été regroupés sous l’appellation de “Balkans occidentaux”. Dans le but de s’adapter à la réalité stratégique changeante de cette région, il est nécessaire de sortir les Balkans de cette idée ancienne, et la nouvelle division des Balkans en régions occidentales, centrales et orientales simplifie l’analyse des développements contemporains et fournit une trajectoire stratégique à suivre dans le contrôle de leur développement futur.

Cet article se concentrera sur les Balkans de l’ouest et du centre, depuis que ces derniers sont devenus l’objet d’une compétition géopolitique entre les mondes unipolaires et multipolaires. Les Balkans de l’est sont déjà intégrés au sein de l’OTAN et ne jouent donc pas un rôle aussi important que celui que jouent le centre et l’ouest de la région, bien que l’évolution de leur rôle au sein de la nouvelle stratégie en parapluie de l’OTAN (les fameux blocs régionaux) sera certainement expliqué dans un avenir proche. Il convient d’ajouter que la Grèce joue un rôle particulier car elle jouxte l’ouest, le centre et l’est des Balkans et a une identité unique et une histoire bien distincte des autres pays des Balkans, bien qu’en raison de son positionnement géostratégique plus large, elle soit groupée avec les Balkans dans le contexte de ce jeu stratégique. Néanmoins, cela demande un article séparé dans le futur, bien que l’auteur en ait déjà touché un mot dans un précédent article.

Retournons au sujet de cet article. La partie I commencera par une explication destinée à recontextualiser les Balkans et poursuivra avec une chronique expliquant ce changement de pensée. Après cela, la partie II examinera les clés essentielles du centre des Balkans avant de proposer certaines solutions pour la sécurité de cette région et son intégration accélérée dans le monde multipolaire.

La recontextualisation

Traditionnellement:

89850-004-C88E1B75-300x280Il est d’usage de diviser les Balkans entre l’ancienne Yougoslavie, du côté ouest, et le bloc composé de la Roumanie et de la Bulgarie, du côté est, ceci laissant l’Albanie et la Grèce largement à l’écart, en les appelant simplement “Les Balkans”. La justification de cette définition est que la majorité de l’ex-Yougoslavie a traversé le même processus de fragmentation violente durant les années 1990 cependant que la Roumanie et la Bulgarie échappèrent relativement tranquillement à ces événements (tout en n’échappant pas à des problèmes internes). A l’époque, il n’y avait pas besoin de faire de distinctions géographiques entre les membres de l’ex-Yougoslavie mais l’intrusion officielle et de facto de l’OTAN dans la majorité de l’espace de l’ex-Yougoslavie, liée à des divergences irréconciliables concernant la politique étrangère de certains de ses anciens membres ont donné l’envoi d’une adaptation à cette nouvelle réalité et à une revisitation de l’ancienne notion de balkans de l’ouest.

Recontextualisé:

Pour les raisons évoquées à l’instant , le concept de Balkans de l’ouest a été repensé et augmenté afin de mieux convenir à la géopolitique changeante ainsi qu’à la nature stratégique de cette région. Voici ce que l’auteur suggère:

*Balkans de l’ouest:

Ceci inclut les états membre de l’OTAN suivants: Slovénie, Croatie et Albanie ainsi que le protectorat de Bosnie et l’état membre de-facto qu’est le Monténégro. En prenant une carte, on peut s’apercevoir que cela dessine la pointe ouest de la péninsule balkanique. Comparé à sa partie centrale, les Balkans de l’ouest sont le bastion de l’unipolarité dans cette région et qu’ils entre en conflit avec leurs frères “prodigues” (moins bien lotis car pas intégrés à l’OTAN, selon les Balkans de l’ouest, NdT) multipolaires. Ce fut le cas durant la seconde guerre mondiale, durant les années 1990 et c’est toujours le cas aujourd’hui avec la Croatie et l’Albanie qui continuent de se comporter (au nord ainsi qu’au sud) comme des agitateurs aux ordres de leur patron.

*Balkans du centre:

La Serbie, la Macédoine et la Grèce composent cette nouvelle entité de la pensée stratégique balkanique, et ce nouveau bloc traverse la région suivant un axe stratégique critique nord-sud. Compte tenu de sa position géostratégique souple autant par rapport à l’Ouest qu’à l’Est, il porte l’espérance de la formation d’un corridor nord-sud (la route de la soie des Balkans) qui pourrait connecter la Méditerranée orientale avec l’Europe centrale ainsi qu’au delà. Le projet russe Balkan Stream forme l’épine dorsale de cette nouvelle entité (désormais appelé corridor balkanique) autour duquel un développement plus profond de l’intégration est attendu. Par conséquent, Moscou encourage les poursuites multipolaires de ses partenaires et approfondit son soutien à leurs politiques.

*Anomalies:

La division centre-ouest des Balkans renferme deux anomalies géopolitiques très importantes dont il faut parler:

srpska-300x288*La Republika Srpska

Cette entité est apparu comme un reliquat de la dissolution de la Yougoslavie du début des années 1990 et des accords de Dayton de 1994, et elle donne à la Serbie une profondeur stratégique mais aussi une vulnérabilité vis-à-vis d’une potentielle percée bosnienne et/ou d’une provocation croate ou bosno-croate. L’existence de la Republika Srpska peut ainsi être comprise comme une épée à double tranchant, cependant que son importance émotionnelle fait qu’elle ne sera jamais abandonnée par la Serbie et qu’elle doive être de-facto considérée comme une extension des Balkans centraux sur l’aire théorique des Balkans de l’ouest (La Bosnie).

*Le Kosovo

kosovomap-2010-300x225La province serbe du Kosovo est actuellement occupé par les forces de l’OTAN (le camp US Bondsteel est une des plus grandes bases américaine en Europe) et a fait sécession de manière illégale de la Serbie en 2008 avec le soutien de l’Ouest. Il fonctionne comme un poste avancé de l’OTAN planté au milieu des Balkans du centre, région dont il fait géographiquement partie(mais de-facto coupé politiquement de cette région). Des deux régions dont nous venons de parler, la province serbe occupée du Kosovo est bien plus profondément sous contrôle de l’Ouest et un avant-poste plus lourdement fortifié opérant en avant de la “ligne de front” pour une aggression unipolaire que ne l’est la Republika Srpska pour la Serbie et les Balkans du centre dans leur défense multipolaire.

Progression chronologique de la division ouest/centre des Balkans

La conception de la stratégie concernant les Balkans ne s’est pas faite du jour au lendemain et il est utile d’éclairer les événements clés qui ont menés à sa conceptualisation. Le catalyseur de cette création fut l’effort du monde unipolaire de diminuer la Serbie et l’enchaîner, ainsi que la Macédoine, à l’UE comme un trou perdu de la politique et une annexe économique (“Nouvelle Bulgarie”), tandis que la Grèce s’est toujours pensée en dehors de la “pensée dominante” européenne et s’est historiquement comporté comme un pont entre l’Est et l’Ouest. La liaison entre la résistance serbe et macédonienne avec l’incompatibilité identitaire vis-à-vis d’une “européanisation” forcée (manifestée aujourd’hui par une sévère austérité) a fourni le mélange parfait à ces peuples pour faire sécession des Balkans de l’ouest unipolaires et hâter leur incorporation stratégique au sein des Balkans centraux multipolaires, axés autour du Balkan Stream.

La chronologie qui suit se concentre sur la violence géopolitique à l’encontre de la Serbie et de la Macédoine, puisque les tragiques événements qui ont eu lieu dans ces pays mettent en évidence les décisions de politique étrangères qui finiraient par les mener à un partenariat avec la Russie et un alignement sur le monde multipolaire:

Avant 1991:

La Serbie constituait le centre de gravité de la Yougoslavie, et donc de l’intégralité des Balkans de l’ouest.

1991-1994:

La Yougoslavie commença durant ces années à se désintégrer, la Croatie servant de paravent pour l’accélération de ce processus. Le nettoyage ethnique ainsi que le génocide des Serbes en Croatie et en Bosnie menèrent à la diminution des territoires peuplés par ceux-ci et, par conséquent, ces terres furent gardées par les anciennes républiques formant la Yougoslavie et non pas réintégrées au sein de la Serbie.Des territoires qui auraient pu être inclus dans les Balkans du centre (dans le sens où ils étaient peuplés de Serbes) restèrent dans leur zone géographique des Balkans de l’ouest et furent ensuite formellement ou de-facto incorporés dans l’OTAN, ceci créant une des étapes de la rupture entre les Balkans de l’ouest et du centre.

1994:

Les accords de Dayton représentent un arrêt temporaire des campagnes pour diviser la Serbie mais, dans le même temps, son gouvernement fut diabolisé et des plans furent dressés pour la phase suivante de déstabilisation; le redessinage formel de ses frontières internationalement reconnues ainsi que l’essai d’une nouvelle méthode de changement de régime, la révolution colorée.

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Ruines d’une église chrétienne orthodoxe au Kosovo

1999:

L’OTAN lance réellement son agression contre la Serbie (Encore connue comme la Yougoslavie) dans le but de voler le Kosovo, berceau de la civilisation serbe, et de placer une base stratégique au cœur des Balkans du centre. C’est à ce moment que la Croatie a transmis le flambeau de la déstabilisation anti-serbe à son partenaire albanais, et Tirana devint  la première base avancée des Etats-Unis dans la région. Les USA ont également démontré pour la première fois qu’ils comptaient utiliser la force dans le but de créer la Grande Albanie, un client politiquement très utile ainsi qu’une anticipation de l’unipolarité des Balkans.

2000:

Les USA renversent Slodoban Milosevic en testant avec succès la première Révolution Colorée (la “révolution bulldozer”), une technologie politique qui serait plus tard perfectionnée en d’autres endroits et ramenée quinze ans plus tard dans les Balkans pour être déployée en Macédoine.

2001:

La déstabilisation albanaise en Macédoine culmine avec une intervention “légère” de l’OTAN et la ratification des accords Orhid, qui garantissent à la minorité albanaise les privilèges les plus larges que puisse avoir une minorité au monde. Cela les laisse aussi susceptibles d’être manipulés par les forces politiques de l’ouest. Les attentes de ce dernier à cet instant étaient que cela créerait un haut levier de pression permanent qu’ils pourraient utiliser pour déstabiliser la Macédoine indépendante et la ramener à la soumission unipolaire.

2006:

Le Monténégro vote en faveur de son indépendance de la Serbie (encore appelée Yougoslavie) et devient le dernier membre constituant les Balkans de l’ouest sous domination américaine.

2008:

La province occupée du Kosovo déclare unilatéralement son indépendance comme il lui a été demandé par ses occupants, ceci afin de “légitimer” leur présence dans cette région et de laisser perpétuellement la Serbie et la Macédoine sur le qui-vive. C’est aussi la représentation de l’unipolarisation des Balkans de l’ouest (unipolaires) au cœur des Balkans du centre.

2009:

 Les deux principaux partenaires des USA dans les Balkans, l’Albanie et la Croatie, entre tous deux dans l’OTAN, ce qui est la plus récente expansion de ce bloc militaire, et qui n’est certainement pas une coïncidence. Les USA récompensent ainsi ses deux alliés pour leur déstabilisation de la Serbie, l’ancien cœur des Balkans, et les protège par des traités d’assistance mutuelle pour toutes les provocations futures qu’elles tenteraient contre la Serbie (ou dans le cas de l’Albanie, également contre la Macédoine)

2000-2010:

Belgrade et Skopje déclarent formellement vouloir intégrer l’UE et l’OTAN, cependant que leurs fiertés respectives refusent de reconnaître “l’indépendance” illégalement déclarée du Kosovo et son changement constitutionnel les ont gardés à la périphérie de ces processus et ont ralenti leurs ambitions euro-atlantiques. Ceci les a mené à reconsidérer leurs trajectoires géopolitiques et finalement les a rendus sensibles au pivot multipolaire qu’ils ont embrassé quand ils ont signé un partenariat avec la Russie dans la construction du Balkan Stream. La leçon a retenir est que le non-respect pas l’Ouest pour les législations domestiques, souverainetés et indépendance de ces états, ce qui a mené à ce qu’on peut définir avec du recul comme la première “révolte” contre l’UE. Ces deux pays sont les deux seuls à se dresser, de par leur identité, à refuser d’être tyrannisés par Bruxelles, alors que tous les autres membres (y compris ceux en “révolte” comme la Grèce) ont dû à un moment sacrifier leur propres conceptions pour faire partir d’un grand “tout”.

2015:

Rassemblement antigouvernemental à Skopje, le 17 mai 2015

Rassemblement antigouvernemental à Skopje, le 17 mai 2015

Après avoir été accusé de fomenter un coup d’état en janvier, Zaev (leader de l’opposition de gauche) réagit en initiant sa tentative de révolution colorée en Macédoine. Plus tard en avril, le premier ministre albanais Edi Rama déclara officiellement son intention de créer la Grande Albanie, et à la fin de ce mois, la petite ville macédonienne de Gosince fut le théâtre d’une attaque terroriste-test par l’Armée de Libération du Kosovo, groupe séparatiste terroriste.Quelques jours plus tard, une attaque  surprit la ville de Zvornik, située en Republika Srpska probablement utilisé pour envoyer  un signal de menace indirect envers la Serbie. Un peu plus d’une semaine après, la ville de Kumanovo, au nord de la Macédoine, fut la scène d’une attaque terroriste meurtrière par l’ALK qui représente le premier coup de la campagne pour une Grande Albanie, pilotée par les Américains contre le gouvernement pragmatique du pays et le projet d’oléoduc russe Balkan Stream.

A suivre…

Andrew Korybko est analyste politique et journaliste pour Sputnik qui vit et étudie actuellement à Moscou, en exclusivité pour Oriental Review.

Traduit par mes soins, l’original est disponible ici. Merci de me citer en cas de réutilisation.

thumbPartie I

Partie II

De Vladimir-Suzdal au Grand Duché de Moscou

La principauté se transforma progressivement en un Grand Duché, qui fut divisé en de nombreuses petites principautés. Après l’invasion mongole, il devint un état auto-gouverné, dirigé par sa propre noblesse. Les frontières de la principauté étaient matérialisées par la Volga, la Dvina du Nord et la rivière Oka.

En 1238, les mongols incendièrent la ville de Vladimir, parmi d’autres dans le nord de la Russie.

Ils conquirent peu à peu la plupart des principautés russes à l’exception notable de Novgorod.

Les princes de l’est et du sud de la Russie durent payer un tribut aux mongols de la Horde d’Or, appelés communément tatars.

(Il semble que l’auteur oublie ici une décision extrêmement importante prise par le prince de Novgorod Saint Alexandre Nevsky. Alors qu’il passait des accords de paix avec Batu Khan et développait une amitié avec Sartaq Khan, il affronta férocement l’armée suédoise et les chevaliers de l’Ordre Teutonique aux victoires successives de la Neva en 1240 et celle du Lac Peïpous en 1242. -OR)

En conséquence, les vieux centres culturels comme Kiev et Vladimir ne se relevèrent jamais des destructions liées aux attaques, alors que Moscou (jusqu’alors une obscure cité commerciale), Novgorod (toujours prospère grâce à la Ligue Hanséatique) et Tver entrèrent en compétition pour le contrôle du territoire sous domination mongole.

La cause principale de l’ascension de Moscou fut que, en 1327, le prince de Tver se joignit à une rébellion contre les mongols alors que le prince Ivan Iier Kalita s’allia avec les mongols pour écraser Tver et dévaster ses terres.

Par cela, il se débarrassa de son rival, autorisa l’Eglise Russe Orthodoxe à déplacer son siège à Moscou, et fut décoré du titre de Grand Prince par les mongols.

Par suite, les princes moscovites devinrent les interlocuteurs privilégiés entre les chefs mongols et les principautés de la Rus’. En récompense de leur docilité, les mongols n’effectuèrent pas de de raid sur les terres contrôlées par Moscou, ce qui attira les nobles qui désiraient s’établirent sur ces terres relativement sûres.

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Sartaq (Pavel Ryzhenko, 2010) représentation des relations personnelles entre les khans mongols et les princes russes. Source: http://павел-рыженко.рф

L’influence des mongols sur la noblesse russe fut si profonde qu’une enquête sur les familles nobles russes au XVIIème siècle établit que plus de 15% d’entre elles avaient des origines tatars ou orientales. Par conséquent, les historiens considèrent généralement que sans la destruction de la Rus’ de Kiev par les mongols, Moscou, et par suite l’Empire Russe, ne serait pas apparu. Cependant, l’isolement d’avec l’ouest a pu être la cause de la neutralité de la Russie dans les périodes de la Renaissance et de la réforme protestante, toutes deux importantes dans le processus d’émergence du capitalisme. (Interprétation très douteuse du fait que l’Eglise Orthodoxe russe résistera fermement aux tentatives du Vatican de l’attirer au sein du catholicisme romain. Les crises contemporaines du Vatican, du protestantisme ainsi que du capitalisme ont prouvé que la position intransigeante des hiérarches russes était totalement justifié restrospectivement. -OR)

Le système judiciaire a également été lourdement influencé par la présence mongole, la peine capitale et l’utilisation de la torture s’étant étendues, alors que durant la Rus’ de Kiev, elles n’étaient appliquées qu’aux esclaves.

Cependant, le code pénal en Europe de l’ouest était encore plus sévère à cette époque.

D’un autre côté, le système fiscal russe, les transports, la tactique militaire et le recensement furent développés pendant la domination mongole.

D’un petit territoire de départ, Moscou se développa à travers la guerre, des achats de terres et des mariages.

En effet, le premier maître de la principauté de Moscou, le Grand Prince Saint Daniel Alexandrovitch, fils du Prince Alexandre Nevsky de Vladimir-Suzdal, étendit sa principauté en conquérant Kolomna, cependant que son fils Youri Danielovitch allait prende le contrôle de Mozhaisk, s’allier à Uzbeg Khan de la Horde d’Or, épouser sa sœur et obtenir en récompense le titre de Duc de Vladimir-Suzdal. C’est la position privilégiée de la noblesse moscovite qui lui permit d’interférer dans les affaires de la république de Novgorod?

Puis le successeur de youri, Ivan Iier, s’arrangea pour garder le titre de Grand Duc par une coopération plus accrue avec les mongols, plus précisément en collectant les taxes des autres principautés au nom des mongols.

Le camp de Kulikovo (pavel Ryzhenk, 2005). Source:  http://павел-рыженко.рф/

Le camp de Kulikovo (pavel Ryzhenk, 2005). Source: http://павел-рыженко.рф/

Les successeurs d’Ivan continuèrent de rassembler les terres de la Rus’ pour agrandir les populations et les richesses qu’ils contrôlaient. Après cela, Dimitri de Moscou réussit à unir les principautés de la Rus’ dans sa lutte contre la Horde et devin un héros national, bien que sa tentative ait échoué dans un premier temps (Il est important ici de prendre note du troisième événement important de l’histoire de la Russie: la bataille de Kulikovo en 1380 – OR).

Vasily Iier continua la politique de son père et cessa de payer un tribut au Khan. Marié à la fille unique de Vyatautas, le Grand Duc de Lithuanie, Vasily tenta d’éviter les conflits ouverts avec lui, même quand ce dernier annexa Smolensk. Son long règne fut marqué par une expansion au nord ainsi qu’à l’est.

Une autre explication à l’expansion du Grand Duché de Moscou est sa situation dynastique favorable, où chaque souverain avait son fils comme successeur au contraire des principautés rivales qui connurent de nombreuses querelles dynastiques.

Aux XIV et XVème siècles, l’expansion du Grand Duché de Moscou se poursuivit ainsi qu’un renforcement interne. En effet, le duché réussit la prise et l’annexion de Novgorod en 1478 ainsi que celle du Grand Duché de Tver (allié du Grand Duché de Lituanie) en 1485, se débarrassant ainsi de concurrents politiques directs.

EN effet, Ivan III, durant son règne long de 43 ans, renforça progressivement l’état (après avoir vaincu la Horde d’Or déclinante en 1480) partiellement en saisissant les terres de ses frères, en menant des campagne contre son dernier grand rival, le Grand Duché de Lituanie et, à partir de 1503, il vit ainsi le territoire de sa principauté tripler de superficie. Il adopta le titre de Tsar et réclama le titre de “Chef de toute la Rus” cependant que son mariage avec la nièce du dernier empereur byzantin affirmait Moscou comme la “Troisième Rome“, successeur de l’Empire Romain.

Il disputa au Grand Duché de Lituanie le contrôle de quelques anciennes principautés de la Rus de Kiev au dessus dans les bassins supérieurs des fleuves Dniepr et Donets. Ce fut aussi sous son règne que le nouveau Sudebnik, ou code civil, fut compilé par le scribe Vladimir Gusev.

Le règne des Tsars commença officiellement avec Ivan IV le Terrible mais, dans les faits, ce fut avec Ivan III qui accomplit la centralisation de l’état, traditionnellement connue comme étant la réunion des terres russes à l’état central.

tsarevo-molchanie-300x172Les princes moscovites combinèrent les coutumes et cérémonies héritées de la Rus de Kiev avec celles importées de l’Empire Byzantin et de la Horde d’Or. Durant les temps de troubles dynastiques, comme par exemple une partie du règne d’Ivan IV, les boyards (c’est-à-dire la haute aristocratie) constituèrent une force interne qui était une menace permanente pour le trône. Pendant de tels conflits, les monarque moscovites sentirent la nécessité de créer une nouvelle forme de noblesse, basée sur la fidélité personnelle au Tsar plutôt que sur l’hérédité.

Pour conclure, le Grand Duché de Moscou attira les personnes ainsi que les richesses dans la partie nord-est de la Rus de Kiev, établissant des routes de commerce entre la mer Baltique, la Sibérie la mer Caspienne. Il créa un système politique hypercentralisé, dont les traditions allaient exercer une influence considérable sur le développement futur de la société russe.

 ***

Cette partie avait comme but de résumer plus de dix siècles d’histoire. J’espère qu’à la fin de celle-ci les lecteurs pourront se rappeler quelques points importants:

  • Depuis la nuit des temps, la Russie a été composée d’une multitude de peuples;
  • Les relations politiques et économiques fournies avec les états d’Asie centrale et du Moyen-Orient existèrent dès le IXème siècle. C’est un point important à souligner pour comprendre les relations géopolitiques actuelles entre la Russie et ses partenaires arabes;
  • L’histoire de la Rus’ de Kiev et de la République de Novgorod offrent des réponses évidentes à la croyance occidentale voulant que les russes aient toujours été plus violents et moins instruits que leurs homologues de l’Europe de l’ouest, ce qui est absolument faux en ce qui concerne cette période (Sans oublier les conséquences de la destruction de Constantinople par les croisés…);
  • Novgorod et les autres cités marchandes ont prospéré sans participer, au moins au début, au mouvement capitaliste, montrant que le commerce est possible et profitable s’il n’implique pas l’appauvrissement du partenaire le plus faible ainsi que du travailleur;
  • Le Grand Duché de Moscou fut un système politique autoritaire qui ouvrit la voie à ses successeurs à ce niveau. Néanmoins, le contexte de l’époque ne doit pas être oublié: la domination mongole a été d’une influence critique sur l’émergence de ce régime à ligne dure. Les guerres d’indépendance sont rarement suivies de gouvernements progressistes…

Les prochains chapitres de cette série traiteront du tsarisme et de l’empire russe, dans le but d’expliquer comment la Russie devint finalement une grande puissance.

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Partie I

Khazarie: les influences politiques précoces de l’état russe

Les steppes situées dans le bassin inférieur de la Volga, entre la Caspienne et la mer Noire ont été gouvernées par les khazars jusqu’au huitième siècle. Le pouvoir politique était détenu par le Khagan (i.e. l’emprereur) et l’armée était dirigée par le Khagan Bek. Leur pouvoir politique a connu son apogée durant le Haut Moyen-Age et fut capital pour la création du capitalisme. En effet, leur importance stratégique et commerciale au carrefour de la Chine, du Moyen-Orient et de l’Europe rendirent riches la plupart des états eurasiens de cette époque.

En conséquence, les khazars ont fondé un des plus grands états de l’Eurasie médiévale, leur territoire englobant la majorité de la partie européenne de la Russie actuelle, l’Ukraine de l’est, l’ouest du Kazakhstan, l’Azerbaidjan, ainsi qu’une grand part du nord Caucase et une partie de la Crimée, de la Géorgie et du nord-est de la Turquie.

Khazaria-300x262La Khazarie (ou Khaganate khazar) était connue pour sa tolérance, son cosmopolitisme ainsi que pour son système judiciaire assez développé. Pour ne prendre qu’un exemple, son armée incorporait des soldats de chaque grande religion monothéiste, voire même des païens. C’était aussi la liaison la plus importante entre la Baltique et l’empire musulman des Abbassides, centré sur Bagdad. Comme précisé plus haut, les khazars étaient des alliés majeurs de l’Empire Byzantin et il gagnèrent de nombreuses guerres contre les califats arabes.

Entre les années 880 et 890, la route commerciale de la Volga (d’une importance critique pour la Khazarie) cessa de fonctionner, provoquant “la première crise financière en Europe”. Comme nous pouvions nous y attendre, une période de récession économique et d’instabilité politique suivit cette crise.

L’arrivée de Rurik de Novgorod autour de 860 a probablement influencé ce processus car il décida de dévier la route de commerce  de la Volga vers le Dniepr. Par conséquent, Kiev s’est développé en grand centre urbain quand Rurik décida d’en faire sa capitale, au détriment de Novgorod et après en avoir chassé les khazars, ce qui fut l’acte de fondation de la Rus’ de Kiev.

Selon Vernadsky, les grecs et les khazars ont construit la forteresse de Sarkel entre la Volga et le Don pour défendre cet endroit stratégique de la Rus’. (D’autres chercheurs, comme Franklin et Shepard, pensent que Sarkel visait à repousser (ou du moins à contrôler) les magyars et d’autres peuples de steppes, mais non la Rus’.) Entre 965 et 969, la souveraineté khazare fut finalement brisée par la Rus’ de Kiev, avec l’aide de l’Empire Byzantin. Les alliés achevèrent leur conquête en capturant Sarkel, ouvrant la voie à une annihilation complète du khaganate khazar.

La Rus’ de Kiev et la république de Novgorod: la Russie médiévale

OlegAu cours des années 880, la Rus’ de Kiev fut officiellement fondée par le prince Oleg, qui avait de nombreuses tribus de slaves de l’est et de finnois. A partir de 884, il parvint à asseoir son autorité sur les poliens, les vyatichs, les drevliens, les radimichs et les sévériens. En 907, il mena une attaque sur Constantinople, laissant Igor, fils de Rurik, à Kiev.

Grâce à un traité, Oleg a réussi à soudoyer les grecs, puis en 911, il signa un traité commercial avec l’Empire Byzantin d’égal à égal.

Le nouvel état kiévien prospéra car il contrôlait les trois routes commerciales majeures de l’Europe de l’Est: la route de la Volga allant de la Baltique en Orient, celle du Dniepr reliant la Baltique à la mer Noire et celle reliant les khazars et les germains. Il se renforça également grâce au commerce de fourrures et de miel.

A la mort d’Igor en 945, sa femme la princesse Sainte Olga devint régente jusqu’à la majorité de son fils Sviatoslav en 963. Le règne de ce dernier fut marqué par une expansion importante grâce à l’invasion des Balkans et la conquête des territoires khazars situés dans la steppe pontique. A la fin de sa vie, Sviatoslav dirigeait l’état le plus grand d’Europe, dont il déplaça la capitale de Kiev à Pereyaslavet en 969, mais ses conquêtes, pour la plupart n’étaient pas agrégées en un empire à cause des querelles fratricides entre ses fils.

Les règne du prince Saint Vladimir le Grand (980 – 1015) et de son fils Yaroslav 1ier le Sage (1019 – 1054) sont vus comme ” l’Âge d’Or ” de Kiev, qui vit la Christianisation de la Rus’ (988) et la création du premier code légal, le Russkaya Pravda, ce qui veut dire littéralement “Justice de la Rus’ “.

Крещение-Руси-300x182La Christianisation de la Rus’ eût lieu car les émissaires de Vladimir envoyés à Constantinople furent émerveillés par la beauté de la cathédrale Sainte Sophie et sa liturgie. Le choix de Vladimir d’opter pour l’Orthodoxie fut fait officiellement en raison de son mariage avec la princesse Anne, la soeur de l’empereur byzantin, Basile II. Cependant, ce choix a probablement été influencé par les liens personnels étroits de Vladimir avec Constantinople, qui dominait la mer Noire et particulièrement le fleuve Dniepr, ce dernier étant la principale route commerciale de la Rus’ de Kiev. Par conséquent, le fait de rejoindre l’Eglise d’Orient avait d’énormes conséquences politiques et commerciales.

Dans le même temps, la conversion des slaves de l’Est leur ouvrit les portes de la science, de la philosophie grecque ainsi que de l’histoire, sans apprendre le grec car la liturgie de Sainte Sophie était disponible en cyrillique.

L’indépendance des slaves de l’est par rapport à l’autorité de Rome eût pour résultat un développement de leur littérature et de leurs arts, qui sont bien différents de ceux des autres pays orthodoxes. La littérature avait un niveau élevé à Kiev, Novgorod et dans d’autres grandes villes par rapport aux standards européens de l’époque.

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Cathédrale Ste Sophie à Kiev, bâtie en 1037

L’un des fils de Vladimir le Grand, Yaroslav, devint vice-régent de Novgorod quand son père mourut en 1015. En 1019, il vainquit son frère Svyatopolk avec l’aide des habitants de Novgorod et de mercenaires vikings, suite à l’assassinat par ce dernier de trois de ses autres frères pour prendre le pouvoir à Kiev. Yaroslav se réjouit de l’amélioration des relations avec le reste de l’Europe, particulièrement avec l’empire byzantin, qui était aussi un sujet de préoccupation de son père. Il étendit plus loin son pouvoir à travers les mariages arrangés de sa soeur et de trois filles des rois de France, de Norvège, de Pologne et de Hongrie. Sa plus grande réussite fut la publication de la “Russkaya Pravda”, cependant que la construction des cathédrales Sainte Sophie à Kiev et Novgorod démontraient son pouvoir sur les états voisins.

L’application de la peine capitale dans la Rus’ de Kiev était rare comparé à l’Europe de l’ouest féodale, du fait de la préférence de la législation pour les amendes afin de punir les contrevenants. De plus, certains ont été accordé aux femmes, comme le droit de propriété et d’héritage. Par conséquent, le système judiciaire kiévien était particulièrement moderne par rapport aux standards de son temps.

Au milieu du XIème siècle, l’état atteint son apogée, son territoire s’étendant de l’est, sur les rives de la Volga , à l’ouest, au Royaume de Pologne et au Grand Duché de Lithuanie, jusqu’au sud, vers la mer Noire.

Les jeunes membres de la dynastie commençaient généralement leur carrière comme gouverneur d’une province mineure puis progressaient vers des principautés plus importantes et finalement entraient zen compétition pour le trône de Kiev.Officiels et soldats recevaient salaires et terres des princes pour les services militaires et politiques qu’ils leur rendaient. Les marchands et artisans exerçaient parfois une influence politique à travers une assemblée de la cité, le veche (conseil), qui était composé de tous les mâles adultes de la population. Une classe de paysans payant tribut, qui devaient une quantité de travail déterminé aux princes, existait mais ce n’était pas un système de servage très développé, trait pourtant caractéristique de l’époque médiévale en Europe de l’ouest.

L’Etat déclina à la fin du XIème siècle, suite à la mort de Yaroslav, et implosa au cours du XIIème, laissant le territoire sans loi à cause de l’émergence de nombreux pouvoirs régionaux suite à cette implosion.

La cause majeure de cet effondrement est à chercher dans la nature même du système politique: le pouvoir n’était pas transmis du père au fils mais au plus ancien membre de la dynastie régnante. Evidemment, cela entraînait des rivalités et des haines au sein de la famille royale. Trois des fils de Yaroslav se battirent entre eux après leur défaite à la bataille de la rivière Alta contre les cumains (1068) alors qu’une révolte éclatait à Kiev, donnant le pouvoir à Vleslav de Polotsk.

La Rus’ de Kiev au XIème siècle

En 1097, Vladimir II Monomaque organisa le premier conseil fédéral de la Rus’ kiévienne à Liubech afin de trouver un accord entre les nombreuses factions en guerre. Le dernier dirigeant qui réussit à maintenir une relative unité au sein de l’état fut Mstislav le Grand. Après sa mort en 1132, la Rus’ de Kiev entra en déclin et ses successeurs durent lutter contre le pouvoir grandissant de la république de Novgorod. Puis, en 1169, André Bogolioubski, prince de Vladimir-Suzdal, mis à sac Kiev et, jusqu’à la fin du XIIème siècle, l’état kiévien se morcela de plus en plus.

Après cela, l’état fut encore plus affaibli par l’effondrement des liens commerciaux entre la Rus’ et Constantinople, ceci étant dû aux croisades, le pillage de la ville par les croisés marginalisant la route du Dniepr. Plus précisément, la route de commerce entre la mer Noire et la Baltique était la colonne vertébrale de l’économie de Kiev, vu son utilité comme route de commerce principale entre les varangiens et les grecs, et la mer Noire était controlée par Constantinople à ce moment. Ainsi, une fois l’Empire Byzantin tombé, le commerce sur cette route s’effondra et Kiev, par conséquent, perdit son attrait.

Au nord, la république de Novgorod prospéra en tant que membre de la Ligue Hanséatique, cette dernière étant la première confédération commerciale internationale de l’Histoire. L’oligarchie de Novgorod controlait les routes de commerces depuis la Volga jusqu’à la mer Baltique et, suivant le déclin de la Rus’, devint de plus en plus indépendante (tout en restant au sein de la Rus’ de Kiev).

Un aspect intéressant du développement de Novgorod est que, bien que dirigé par une oligarchie, il existait un gouvernement républicain car les décisions majeures devaient être prises par une assemblée de la ville, qui élisait aussi le prince comme dirigeant militaire de la ville. Il est aussi possible qu’ait existé une sorte de “Conseils des Seigneurs” qui était dirigé par l’archevêque, mais son pouvoir réel demeure encore peu clair, et qui était élu également par les Novgorodiens. L’économie de la ville était basée essentiellement sur le commerce de sel et de fourrures, les terres situées au nord de la ville étant stratégique à ce niveau. D’ailleurs, ces terres fournissaient l’essentiel des denrées mentionnées ci-dessus et Novgorod dût les défendre contre Moscou à la fin du XIVème siècle. La victoire de Moscou provoqua le déclin de Novgorod et accéléra le développement de Moscou jusqu’à ce qu’elle devienne le cœur de la Russie.

Au nord-est, les slaves venus de Kiev colonisèrent le territoire qui deviendra le Grand Duché de Moscou. Rostov, qui était le centre historique de cette région, avait été d’abord détrôné par Suzdal et ensuite par la cité de Vladimir, qui devient la capitale de Vladimir-Suzdal, une principauté qui allait s’affirmer comme le pouvoir principal dans la Rus’ de Kiev en cette fin de XIIème siècle.

A suivre…

Traduit de l’anglais par mes soins. Libre de droits sous réserve de me citer.

thumbVoici une série d’essais sur l’histoire russe écrits par l’analyste politique et financier français Julien Paolantoni. Originellement publiés il y a deux ans, ces articles peuvent être lues de nouveau à présent que le monde entier a été inspiré ou indigné (pas indifférent en tout cas) par la politique russe en Crimée, en Ukraine ou ailleurs. Ce que ces articles présentent, ce n’est pas seulement l’histoire millénaire de la Russie, mais la civilisation russe dans son ensemble et ses connections socio-culturelles.[…]

Chaque partie traite du contexte politique, économique et intellectuel pour la période donnée.

Introduction

Cette série vise à éclairer les affaires russes contemporaines, car je crois fermement que pour analyser correctement les relations internationales actuelles, il est nécessaire d’avoir des connaissances historiques sérieuses.

La partie I traitera de la fondation de l’état russe, et le processus, comme nous allons le voir, a commencé bien avant 862. En effet, un embryon politique émerge avec l’état de Gardaríki, ayant pour centre Novgorod, ce qui inclue les aires de peuplement des votes, des veps et des slaves Ilmens. Il est mis en place par un chef varègue, Rurik, en 862, ce qui en fait traditionnellement la date de fondation de l’histoire russe (Selon les dernières analyses ADN des descendants mâles de la dynastie des Rurikovic, ils appartenaient très probablement au haplogroupe N1c1 du sud de la Baltique, et n’auraient pas de liens avec les racines varègues).

Mais avant la création de Gardaríki, de nombreuses tribus nomades s’étaient installées en cet endroit, et leur influence sur le début de l’état russe sera abordé plus loin. Puis, le successeur de Rurik, Oleg de Novgorod, fonda la Kievian Rus’, le premier état slave unifié. Le christianisme devint la religion officielle de l’état en 988, après que les liens avec l’Empire Byzantin se soient renforcés. Cet événement crucial est considéré comme le début de la synthèse entre les cultures slaves et byzantine, ce qui définira la culture russe jusqu’à l’avènement de l’Empire.

La Kievian Rus’ fut finalement déchirée par les invasions mongoles entre 1237 et 1240. Au même moment, des pouvoirs régionaux comme ceux de Novgorod et Pskov se battirent pour récupérer l’héritage politique et culturel de l’ancien état. Cependant, après le treizième siècle, Moscou s’affirma comme le centre politique de la Russie jusqu’au tsarisme.

La conquête de la terre par les habitants pré-slaves et les premiers slaves de l’Est

TaurisDans l’antiquité classique, la steppe pontique était connue sous le nom de Scythie et le terme scythe, tout comme cimmérien, était utilisé pour se référer à une multitude de groupes allant de la Mer Noire au sud de la Sibérie, en passant par l’Asie Centrale. Des indices archéologiques de ces civilisations ont été trouvés tout au long du vingtième siècle en des endroits comme Arkaim, Sintashta, Ipatovo et Pazyryk.

Les premiers slaves de l’Est ont colonisé l’ouest de la Russie en se déplaçant depuis Polotsk vers Novgorod et Rostov puis se dirigeant vers Suzdal depuis Kiev. Depuis le sixième siècle jusqu’alors, ils ont constitué la majorité de la population de l’ouest de la Russie et ont graduellement assimilés les tribus finno-ogouriennes locales, comme les meshchera, les merya et les muromiens.

Traditionnellement, les changements qui ont eu lieu en Europe de l’Est durant le sixième siècle sont expliqués à travers l’expansion démographique des slaves, qui ont amené avec eux leurs langue et coutumes.

Mais, étant donné l’extrême diversité des origines parmi les tribus slaves, il n’y a pas de coDrevlyane-village-reconstruction-300x198nsensus concernant la localisation précise de la terre natale des slaves, même si une majorité de chercheurs considère que l’endroit possible se situe dans le nord des montagnes des Carpathes. La protection de la steppe forestière a préservé en grande partie leur culture de l’assimilation. C’est vrai pour leur langue (excepté la prononciation) ainsi que pour leurs techniques agricoles.

Pour faire simple, quand l’empire Hun s’est effondré, une culture slave spécifique a émergé à l’Est et s’est propagé à l’Europe de l’Est et centrale. Selon Gimburtas:

“Ni les bulgares ni les avars n’ont colonisé la péninsule balkanique; après avoir ravagé la Thrace, l’Illyrie et la Grèce, ils sont repartis vers leur territoire au Nord du Danube. Ce sont les slaves qui ont colonisé cette péninsule;… des familles entières voire des tribus complètes ont infiltré ces territoires. En peuple agricole, ils ont constamment recherché un débouché pour le surplus de population. Tenus en échec pendant un millénaire par la domination étrangère des scythes, des sarmates et des goths, ils ont été cantonnés sur un petit territoire; puis les barrières se sont effondrées et les slaves ont débordé”.

De plus, Goffart a soutenu que l’expansion slave a été facilité par la relative dépopulation de l’Europe de l’Est, avec l’émigration significative de la population allemande, mais aussi par le manque (ou l’innefficience) de la défense des pays concernés.

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Cependant, ce point de vue a été contesté par Nichols:

“La propagation ethnique peut inclure soit l’extension d’une langue aux locuteurs de langues étrangères, ou alors l’extension de la population. La propagation massive de la population ou remplacement démographique a probablement été une rareté dans l’histoire de l’humanité… Il n’y a aucune raison de supposer que l’expansion slave a d’abord été un événement démographique. Il y a eu des migrations, mais l’hypothèse la plus fine est que l’expansion slave a d’abord été une expansion linguistique”.

En outre, Dolukhanov déclare que les slaves ont été capable de gagner une expérience politique et militaire significative grâce à leurs liens avec les nomades. Cela serait la manière dont ils ont pu émerger en tant que “force dominante” et établir “un nouveau réseau sociopolitique sur toute la zone du centre et de l’est de l’Europe”.

Une autre idée a été utilisé pour expliquer l’expansion slave: l’effondrement systémique. Selon ses partisans, la chute de l’Empire Romain d’un côté et celle de l’Empire Hun de l’autre permirent à certaines minorités de prendre le contrôle des territoires et d’imposer leur culture et leur langue.

De plus, Barford note que les tribus slaves pourraient avoir vécu sur une aire étendue du centre-est de l’Europe comprenant les territoires situés entre Zarubintsy-Przeworsk et Chernyakov bien avant les migrations slaves du sixième au neuvième siècle évoquées plus haut. Puis, Geary indique que l’expansion slave fut une addition de processus locaux résultant de l’assimilation de populations. Il fut porté par un petit groupe de “fermiers-soldats” qui partagaient des traditions communes ainsi que la même langue. Ce mouvement décentralisé fut probablement ce qui protégea le peuple Slave et son unité émergente des agresseurs extérieurs.

Cette opinion est très fortement soutenu par Pohl, qui déclare:

“Les avars et les bulgares se sont soumis aux règles du jeu édictées par les romains. Ils développèrent un pouvoir militaire qui fut, en dernier ressort, payé par les revenus des taxes prélevées par les romains. Par conséquent, ils dépendaient paradoxalement du fonctionnement de l’empire byzantin. Les slaves ont fait en sorte de garder leur agriculture (une sacrément bonne agriculture selon les critères de l’époque), même lorsqu’ils ont participé au pillage des provinces romaines. Le butin qu’ils acquirent ne créa pas apparemment (au moins au début) une nouvelle classe militaire guidée par la soif d’en amasser encore ainsi qu’un dédain pour le travail de la terre, ce qui arriva aux germains. Par conséquent, le modèle slave prouva qu’il était une alternative séduisante… qui est devenu quasiment indestructible. La tradition slave, la langue et la culture ont façonné, ou du moins influencé de nombreuses communautés locales et régionales: une similarité surprenante qui s’est construite sans institution centralisée pour la promouvoir. Ces constructions ethniques régionales inspirées par la tradition slave ont incorporé des fragments considérables de populations romaines ou germaines suffisamment disposées à abandonner leur identité ethnique qui avait perdu toute cohésion”.

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Greek amphoras found at Taman peninsula (currently Krasnodar region, Russia).

Un autre fait important est qu’à la toute fin du huitième siècle avant J-C, des marchants grecs ont introduit la civilisation classique à Tanais (une cité située dans le delta de la rivière Don) et Phanagoria (qui fut la plus grande colonie grecque de la péninsule de Taman et avait été choisi par les rois du Bosphore comme leur capitale en Asie). Puis, entre le troisième et le sixième siècle après J-C, le royaume du Bosphore, qui a succédé aux colonies grecques, disparut après de nombreuses invasions par des nomades.

Par conséquent, la culture grecque a eu un impact significatif sur la culture slave initiale (nous en parlerons plus loin dans l’article).

Bien que l’étude des cultures de ces peuples ainsi que leur histoire est un sujet majeur d’un point de vue anthropologique, elle ne sera pas étudiée plus en profondeur ici, car leur influence dans l’émergence de l’état russe a été limitée, au contraire des khazars, un peuple turcophone (qui ne doit pas être confondu avec le peuple turc, qui n’est qu’un des nombreux groupe composant ce groupe linguistique). Ainsi, cette étude doit commencer par un examen du rôle tenu par les khazars à ce moment-là.

A suivre…

Source

Traduit de l’anglais par mes soins. Libre de droits sous réserve de me citer.

NDT: ne vous braquez pas sur l’aspect anti-facho ou aux accents “cocos” du texte. Je le traduis car c’est, à mon avis, un point de vue intéressant sur la position de la Serbie. Le reste ne compte pas. 

Acthumbclamés par des dizaines de milliers de citoyens, les colonnes de chars serbes, véhicules blindés et les milliers de soldats ont paradé sur le boulevard Nikola Tesla, jeudi, à Belgrade. L’arrivée de la parade était le Palais de Serbie, où les dirigeants internationaux, les dignitaires et militaires de haut rang étrangers attendaient dans des tribunes. Parmi eux, le plus important, figurait le prtésident russe Vladimir Poutine. Lors d’une cérémonie tenue à l’occasion de cette parade, il a été décoré de l’Ordre de la République de Serbie, la plus haute distinction du pays.

Jeudi dernier (21/10/2014) marquait le soixante-dixième anniversaire de la libération de Belgrade des forces d’occupation nazies. Quelques survivants de la seconde guerre mondiale se tenaient sur la tribune des dignitaires, en hommage à tous leurs camarades tombés lors de la grande guerre de libération.

Cet événement n’était pas juste commémoratif, il était surtout un moment historique. D’abord, c’était la première parade militaire serbe depuis 1918, et la première parade militaire en Serbie depuis 1985, quand elle était le cœur de la République Fédérale Socialiste de Yougoslavie (RSFY). Un spectacle aérien (Strizhi) de chasseurs MiG russes au dessus de Belgrade a captivé l’assistance pendant que les transports de troupes blindés défilaient sur le chant des partisans de la seconde guerre mondiale, Po Šumama i Gorama (“Dans les bois et les montagnes”)

Mais la signification de cet événement est bien plus grande, bien plus qu’un simple reflet historique et que la célébration nationale d’une grande victoire de son peuple sur la plus puissante et la plus agressive machine de guerre en Europe à ce moment-là. La signification de cet événement va bien au-delà d’être un affichage d’union nationale et un souvenir. Il est le symbole d’un tournant que vient de prendre la Serbie en direction de son allié historique, la Russie. Avec Poutine comme invité d’honneur, la Serbie semble semble annoncer un nouveau départ, tout en célébrant ouvertement et sans complexes le passé.

En fait, pour le plus grand désarroi de l’OTAN, le premier ministre serbe Aleksandar Vucic a annoncé dans une conférence de presse commune avec Poutine, après la cérémonie, que la Serbie ne rejoindrait jamais l’UE dans ses sanctions à l’encontre de la Russie. Dans cette optique, nous pouvons voir que la Serbie est en train d’opérer un tournant “vers l’Est”, vers la sphère eurasienne.

41d50ff10a4b964f5474-300x200Comme le montrent les sondages, une large majorité de serbes est opposée à la politique de l’UE et à ses diktats, ainsi qu’à y entrer. Ils voudraient augmenter le commerce avec les pays européens, tant que ces derniers respectent le principe démocratique fondamental de la souveraineté nationale, et l’autodétermination du peuple serbe. Les directives de Bruxelles sont, du point de vue de nombreux analystes, à l’extrême opposé du concept de souveraineté. Les politiques européennes, combinées à la crise économique et à la hausse des politiques d’austérité, ont mené à une augmentation jamais vue de l’euroscepticisme au sein de l’UE et des pays de l’Eurozone.

On peut seulement imaginer la frustration des USA, de l’OTAN et des atlantistes de l’UE qui ont cru pouvoir exercer des pressions sur la Serbie avec une hypothétique entrée dans l’UE. Cela n’a eu aucun effet sur elle car, à l’heure actuelle, la Serbie a le statut d’observateur au sein de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), considérée par l’OTAN comme la réincarnation du pacte de Varsovie. Elle a aussi conclu un traité de libre-échange avec la Russie, similaire à celui que l’Ukraine a conclu. Le coup d’état soutenu par les USA en Ukraine, justifiée par ses partenaires européens comme un préambule nécessaire à l’élaboration d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’UE, a montré au Monde ce que des pressions accentuée sur la Serbie donneraient. Cependant, au contraire de l’Ukraine, le nationalisme serbe est pan-slave et anti-hiltérien dans ses orientations.

Les événements de jeudi dernier ne furent pas seulement un exercice formel du souvenir mais ils étaient vigoureux, optimistes et militarisés, ce qui a envoyé un message plus fort par les images que cela ne l’aurait fait par des mots. Ce qui dérange encore plus l’OTAN, c’est que la Serbie va obtenir la présidence de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) l’an prochain. Que cela va-t-il donner au sujet de la mission de l’OSCE dans la région du Kosovo, dans le sud de la Serbie, actuellement sous occupation américaine?

 D’ailleurs, le moment le plus important de ce jeudi était la signature d’une alliance russo-serbe, qui aurait été trouvée sans même avoir besoin de la signer. Réagissant d’un ton condescendant et paternaliste, le rapporteur parlementaire sur la Serbie, David McAllister, a exprimé son inquiétude quand aux événements de jeudi, répétant que l’UE et l’OTAN ne voyaient pas d’un oeil favorable 4500 soldats serbes saluer Vladimir Poutine. Il a aussi déclaré qu’il attendait de la Serbie qu’elle reste dans le chemin de l’accession a l’UE.

L’Etat serbe, dirigé par Tomislav Nikolic (du Parti du Progrès) a déjà défini de façon formelle sa politique sur une éventuelle intégration de l’UE. Avant son élection, le soutien à une intégration (au sein de la population) était à un niveau de 70%. En évacuant les préoccupations serbes sur la baisse de l’eurodollar, de nombreux contretemps et les frustrations sur des points de négociation critiques ont contraint Bruxelles à repousser des discussions approfondies. Dans le même temps, le soutien serbe a chuté aux environs de 40%. Cela a mené les analystes de l’UE a se demander si les intentions exprimées par la Serbie d’entrer dans l’UE étaient sincères. Celle-ci continue d’affirmer sa volonté d’entrer au sein de l’union européenne, mais simultanément tient ferme sur un nombre croissant de règles non-négociables.

 Peut-être pour clarifier sa position, Nikolic a déclaré ce qui suit lors de cet événement:

Je partage dans la gloire de l’histoire de la Serbie et la Russie, un lien permanent et incassable de fraternité, une amitié qui était toujours, maintenant et pour toujours la fierté de nos pays et peuples, au bénéfice de n’importe quel homme de bonne volonté dans le Monde.

La Serbie et la Russie sont liés dans l’origine, la langue, les coutumes, la religion, l’histoire, la culture, un amour sublime pour la liberté et la fierté héroïque, des tertres communs et des tombes inconnues, des orphelins abandonnés et des femmes, de jeunes vies diminuées, une génération perdue qui se rappelle notre lutte commune.

Qui d’entre nous serait là s’il n’y avait aucune guerre que nous n’avons pas commencée? “

41d50ffb1ac1047132e5-300x200Une écrasante majorité des serbes soutiennent le président Poutine, beaucoup le voyant comme un président de remplacement. Les succès de la Russie et de Poutine sont, dans l’inconscient  collectif serbe, aussi les leurs. En partie au travers de leur affinité avec la Russie, Les Serbes se sentent partie prenante d’un monde plus grand de pertinence géopolitique. Mais cette opinion majoritaire n’avait jamais, jusqu’à présent, trouvé son expression au sein de son propre gouvernement, alors même que les sentiments anti-OTAN sont considérés comme étant partie prenante de l’identité serbe.

Cette contradiction a bouillonné pendant un certain temps et trouve maintenant des signes tangibles d’une concrétisation. La Serbie a lentement émergé d’une occupation néo-coloniale après plusieurs stratégies. Les pouvoirs occidentaux ont soutenu presqu’une décennie de guerre civile, prenant la vie de presque 100 000 personnes. Cette guerre criminelle et illégale par procuration de division et de conquête, par les USA guidés par l’OTAN en Yougoslavie, a été suivi par une campagne de 76 jours de bombardement par l’OTAN en 1999 qui a culminé par l’expulsion du président démocratiquement élu Slodoban Milosevic en octobre 2000.

L’opération a été coordonné au sol par “Otpor!”, un mouvement paravent soutenu par les USA, financé par le NED (Fondation Nationale pour la Démocratie) de Soros. En provenance en grande partie du travail de Gene Sharp, il est largement admis que cette opération a été l’une des premières applications modernes de ce qui est maintenant appelé la tactique combinée du Printemps Arabe et de la Révolution de Couleur.

Quand le lion tue, le chacal prospère; et les douze ans qui suivirent virent la Serbie dirifée par un gouvernement fantôche, soutenu par une oligarchie pro-UE et OTAN-compatible. Certians comme Kostunica furent recrutés directement au sein de “Optor!”. Mais à présent cette regrettable hidtoire, pleine de trahison et de peine, n’est que le prologue d’un nouveau livre traitant d’une nouvelle Serbie eurasienne.

La visite capitale et historique de Poutine, donc, n’a pas seulement pour objet le passé mais aussi le présent et le futur. Le souvenir du combat commun n’a trouvé aucune allusion dans les commentaires de Poutine à propos de l’Ukraine et de la Novorussie. Durant sa visite, il a donné un entretien révélateur au journal serbe Politika. Interrogé sur les relations bilatérales entre la Russie et les USA, il a déclaré:

“Washington a soutenu activement le “Maïdan” à Kiev et, résultat de leurs manigances dans la capitale, un nationalisme s’est levé qui a provoqué un ressentiment dans une part importante de l’Ukraine et a plongé le pays dans la guerre civile. (Les Etats-Unis) ont commencé a accuser la Russie, à dire qu’elle avait provoqué la crise. Le président Barack Obama, face à l’assemblée de l’ONU, a inclus “l’agression russe en Europe” sur la liste des trois principales menaces de l’humanité, avec la fièvre mortelle Ebola et le groupe terroriste “ISIS”.

En rajoutant à cela les sanctions dirigées contre des pans entiers de notre économie, une telle approche est difficile à définir autrement qu’hostile”.

 La lutte contre le nazisme n’a pas juste une signification historique mais renvoie clairement à la lutte qui se déroule actuellement en Novorussie contre la junte soutenue par les USA. Bien que la Serbie ait récemment introduit un projet de loi pour interdire à ses ressortissants de se porter volontaires dans des conflits étrangers, plus de deux cent serbes, se sont engagés du côté pro-russe au sein de la nouvelle Fédération de Novorussie. Il est trop tôt pour juger de l’effet qu’aura la visite de Poutine sur le résultat du vote ni, si le texte est voté, sur son application réelle.La guerre civile dans l’ex-Ukraine dépend en partie des volontaires étrabgers engagés dans une résistance anti-nazi ou anti-fasciste.

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Les accords signés aujourd’hui entre Poutin et Nikolic  sont également remarquables. l’un d’entre eux concerne une organisation gouvernementale russe à Niš, dans le sud de la Serbie. Un agrément a été signé, accordant une immunité légale complète aux employés de l’organisation.

Le Centre Humanitaire Russo-Serbe est sous étroite surveillance de la minorité et les représentants de l’ambassade des USA ont demandé des investigations rigoureuses. Les accusations sont que le Centre Humanitaire, aussi appelé Centre des Situations d’Urgence,  est une plateforme du FSB, avec le but ultime d’établir une base militaire russe. Cela a été démenti par les autorités serbes. Il y a un mouvement mimétique croissant demandant des bases militaires russes dans le sud de la Serbie. Niš est à 80 kilomètres du camp Bondsteel, dans la région occupée du Kosovo, dans le sud de la Serbie.

Poutine a aussi, durant sa visite, réitéré sa position inflexible sur la nécessaire fin de l’occupation du Kosovo, et le retour de son contrôle à la Serbie.

Toutes les propositions du projet South Stream passent par Niš, ou à côté.

Le Centre des Situations d’Urgence a ouvertement mis en place un centre de commandement pour les “situations d’urgence”, comme les crues subites qui ont ravagées la Serbie en mai dernier, qui ont coûtées de nombreuses vies. C’est une théorie conspirationniste très populaire en Serbie que ces inondations ont été causées par le programme américain HAARP, comme une punition à l’encontre du pays pour ses refus de répondre aux appels de l’UE à abandonner le projet de gazoduc South Stream. L’achèvement du pipeline est une pièce maîtresse pour l’accès de la Russie au marché européen autant qu’une contre-mesure contre l’instabilité que les USA ont créé en Ukraine, par où 65 à 70% du gaz russe transitent actuellement en direction de l’Europe.

Sur la question de South Stream, Poutine a aussi souligné l’importance du projet devant sa visite d’aujourd’hui. Il a déclaré:

“Le projet South Stream ne peut pas être réalisé unilatéralement. Comme en Amour, il faut une volonté des deux côtés. Nous ne pouvons pas construire un gazoduc qui coûte des milliards par nous même. Nous avons mené des discussions similaires pour le gazoduc NordStream, qui satisfait tout le monde aujourd’hui. Les problèmes avec South Stream sont politiques, et créent des dégâts sur l’économie. Nous ne voulons pas avoir une crise de l’énergie cet hiver. Cela ne sera certainement de notre faute.

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On peut certainement lire entre les lignes pour la dernière phrase, et ce que cela signifie pour l’Ukraine.

D’autres domaines de pourparlers ont tourné autour de l’exportation de marchandises serbes en Russie. Les exportations serbes, le plus souvent des productions agricoles, vers la Russie ont crût de 60% depuis que l’OTAN/UE a imposé des sanctions fin janvier 2014. Les discussions ont été aussi orientées autour des productions laitières.

Mais cela pourrait n’être que le commencement, et les consultants en agribusiness pourraient être impliqués dans des projets futurs. Le manque d’organisation est le gros problème des exportations serbes car les producteurs agricoles ne sont pas réunis au sein d’une union des producteurs pour exporter ensemble. Pour ces raisons, les choses bougent vite. Cela reflète certains éléments de la culture serbe, qui opte pour une approche très rationnelle du commerce et de la vie.

De plus, il y a eu des discussions plus approfondies entourant l’export de voitures fabriquées en Serbie, sous la marque Zastava (anciennement Yugo, utilisant la plateforme Fiat), vers la Russie. Comme cela a été aindiqué, la Serbie profite d’un accord de libre-échange avec la Russie.

L’Allemagne a indiqué que cela pourrait être une sorte d’échappatoire aux sanctions et régimes tarifaires, en ayant la Serbie qui opère comme un intermédiaire entre eux et leur partenaires russes. L’Allemagne s’est aussi sentie étouffée par des règlements de l’Union européenne, ayant déjà ouvert le débat de la sortie de l’UE. A la lumière des sanctions européennes imposées à la Russie à propos de la Novorussie, un obstacle sérieux pour l’Allemagne, cela peut être plus attirant que jamais auparavant. La Serbie est le meilleur candidat grâce à sa proximité avec l’Europe centrale ainsi qu’à son statut d’état hors de l’UE. L’offre d’une Serbie étant ” l’Etat à l’Unique Etoile ” (Référence au Texas) dans les Balkans, pourrait au final être très rentable.

Tout cela indique un changement réel et grandissant non seulement pour la Serbie, mais pour toute l’Europe. Le conflit entre l’OTSC et l’OTAN allant s’intensifiant, la Russie renforce ses alliances traditionnelles et réaffirme son soutien à ” la Marée Rose ” de ses alliés latino-américains du MERCOSUR. La Russie ne s’oppose pas à une éventuelle intégration de la Serbie à l’UE, la voyant comme un autre atout à l’intérieur, cela pouvant l’aider à maintenir ses positions dans les relations bilatérales.

Avec tout ceci en tête, nous savons au moins une chose: les pluies diluviennes n’ont pas dissuadé un seul serbe de participer à l’événement majeur de jeudi qui a causé d’énorme bouchons dans Belgrade ce dont, pour la première fois depuis bien longtemps, les habitantes se sont réjouis.

Source

Traduit de l’anglais par mes soins. Libre de droits sous réserve de me citer.

La Transnistrie, prochaine Crimée? moldova_map_v2-300x200

Alors que la crise en Ukraine continue de bouillonner, les tensions dans la Moldavie voisine commencent à monter. Cherchant à capitaliser sur la volonté du président Poutine d’utiliser la protection des populations russophones dans la région comme un prétexte pour étendre ses revendications territoriales, les habitants de deux enclaves séparatistes en Moldavie se tournent vers Moscou cherchant sa protection. Après le soulèvement et le coup d’état en Ukraine ainsi que la réunification de la Crimée avec la Russie, les tensions s’exacerbent et englobent la Moldavie, pays limitrophe, qui comme l’Ukraine a fait des efforts considérables pour s’intégrer plus profondément avec l’Ouest.Cette dernière a signé l’accord d’association et de libre échange avec l’union européenne au sommet de Vilnius en novembre 2013, que l’ancien président ukrainien Victor Yanoukovitch a refusé de signer. Le gouvernement moldave a aussi soutenu le soulèvement piloté par l’Ouest en Ukraine. Les experts occidentaux s’inquiètent donc  de ce que la prochaine “Crimée” pourrait être la province séparatiste de Transnistrie. Pourtant, une majorité des habitants de cette province ne partagent pas cette peur, et si le référendum criméen se tenait actuellement, une large majorité accueillerait avec joie une annexion russe. La Transnistrie (aussi appelée Transdniestria ou Pridnestrovie) est un pays nouveau et émergent du Sud-Est de l’Europe, coincée entre la Moldavie et l’Ukraine. La langue officielle de la Transnistrie est le russe, non le moldave, d’où le fait que la majorité des écoles enseignent l’alphabet cyrillique au lieu de l’alphabet romain utilisé dans le reste du pays. Récemment, la Transnistrie a adopté la législation russe, un signal clair de la région de sa préférence en faveur de l’union commerciale proposée par Moscou. Plus récemment, des exercices militaires russes qui se sont déroulés le 25 mars sur le territoire de la Transnistrie ont ravivées ces tensions. De son côté, le parlement de Transnistrie a adressé une demande à la Douma russe (l’assemblée nationale) pour demander, suivant la législation russe, le rattachement de la république séparatiste à la Russie. Le document trouve son origine dans un nouveau projet de loi russe facilitant l’accession de nouveaux sujets au sein de la Fédération de Russie. Les discussions  au sein du format 5+2 (Russie, Moldavie, Transnistrie, Ukraine, l’OSCE et les observateurs de l’UE et des USA) sont prévus pour les 10 et 11 avril 2014. La Transnistrie – et la Gaugazie – rejoignent le même club que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud comme des états de facto, à savoir des entités politiques qui ont acquis une stabilité internes dans la durée, mais qui manquent de souveraineté extérieure au niveau international. Avec l’annexion de la Crimée par la Russie et la possibilité que ces autres “états” rejoignent la Russie ou continuent à être des états de facto, cela crée un couloir au Nord de la Mer Noire, une ligne de front ou une zone tampon. news-graphics-2007-_635463a-300x273

Bonne coopération Moldavie-Transnistrie depuis les élections de 2009 et 2011

Depuis les élections parlementaires en 2009 au sein de la république de Moldavie, de nouvelles perspectives quant à un enterrement du conflit sont apparues. La nouvelle majorité pro-européenne – l’Alliance pour l’Intégration Européenne (AEI)- qui a remplacé le parti communiste au pouvoir depuis 2001, a montré beaucoup plus de pragmatisme et de volonté de dialogue avec la province séparatiste que le précédent gouvernement qui poursuivait une politique isolationniste. Lors des présidentielles de 2011, le président Igor Smirnov, qui était au pouvoir depuis que la Transnistrie a déclaré son indépendance en 1990, n’a pas été réélu et a été remplacé par un député de l’opposition, Yevgeny Shevchuk, plus jeune dirigeant du mouvement “Revival” (que l’on peut traduire par renouveau, NdT) et ancien président du Conseil Suprême. Ces changements politiques ont engendré l’espoir que l’enterrement du conflit prenait un tour positif.

Les changements de pouvoir en Transnistrie ont donné une accélération au processus de paix: le processus officiel de négociations a redémarré à Vilnius, en novembre 2011, après six ans d’interruption, suivi de rencontres à Dublin en février puis avril 2012. Finalement , le document de principe et les procédures ainsi que l’agenda des négociations ont été acceptées à Vienne, où le document a été signé en Juillet 2012. Il contient certaines résolutions de litiges tels que la liberté de mouvement des passagers, des marchandises, du trafic de trains, des questions sur l’éducation,etc. Aussi une nouvelle approche (l’initiative commune de la Russie et l’Allemagne, Meseburg, 2010) par l’UE et la Russie pour résoudre le conflit fut l’installation d’une Politique conjointe et d’un Comité de Sécurité (EU-R-PSC) au niveau ministérielLié aux questions de sécurité, il a été exposé que l’UE et la Russie coopéreront en particulier vers une résolution du conflit de Transnistrie en vue de péréniser les progrès tangible dans le format 5 + 2 (La Russie, l’Ukraine, la Moldova, la Transnistrie, l’OSCE, l’UE, les États-Unis). Cette coopération pourrait inclure un engagement conjoint de la Russie et de l’union européenne, qui garantirait une transition en douceur de la situation présente jusqu’à l’étape finale.

L’approche principale lors de la reprise des négociations  et du processus de règlement en général se concentre sur la mesures de construction de confiance (Confidence Building Measures, CBMs). Cela signifie que l’on ne touche pas encore les aspects politiques du règlement, par exemple un statut mutuellement accepté de la Transnistrie. Au lieu de cela, l’objectif a été de passer par des étapes concrètes de questions par lesquelles les deux côtés du conflit sont intéressés. Cette sorte d’initiatives a déjà été suivi de:

  • l’engagement des deux parties dans un dialogue direct;
  • l’établissement de groupes de travail avec des experts, sur les mesures de création de la confiance;
  • la conduite de réunions à un haut niveau (par exemple, entre le premier ministre de la Moldavie Vlad Filat et le leader de la Transnistrie Yevgeny Shevchuk, mais aussi entre les ministres des affaires étrangères Eugen Carpov et Nina Stanski);
  • l’élaboration et la mise en œuvre de projets de développement sociaux et économiques nationaux et internationaux etc.

Le dialogue direct à un haut niveau a été le contraste clair avec le manque précédent de dialogue pendant des années. Il y a eu une douzaine de groupes de travail par exemple sur l’économie, l’agriculture et l’environnement, le transport, des chemins de fer, des actes d’état civil, l’aide sociale et humanitaire, la santé, l’enseignement, la répression des crimes organisés et des cas d’urgence, des télécommunications et la douane, tandis que le groupe de travail sur la démilitarisation et la sécurité ne fonctionne pas encore .

La croissance de conflit entre les parties a commencés par des actions unilatérales de chaque côté pendant le printemps 2013. La première, la Moldavie a établi le contrôle de migration de citoyens dans six points de contrôle, puis la Transnistrie a commencé à marquer la frontière dans la Zone de Sécurité qui correspond à la ligne de démarcation après la guerre de Transnistrie (1992).
Outils de Chisinau et Kiev contre la Transnistrie
Voici un aperçu de l’arsenal de pression sur lesquelles, avec le soutien de leurs “sponsors politico-idéologiques” occidentaux, Chisinau et Kiev peuvent compter. Entre autres:
  • une restriction accrue des traversées de la frontière par les résidents de Transnistrie, l’introduction d’une interdiction totale d’entrée pour les groupes sociaux et les citoyens (Il est a noter, à ce propos, que l’entrée de citoyens étrangers sur le territoire de la Moldavie est libéralisé; les officiels ukrainiens devraient examiner les statistiques des gains et pertes des succursales moldaves des entreprises ukrainiennes, par exemple, les compagnies anériennes);
  • le blocage des opérations d’import-export du coté transnistrien, du transit des produits transnistriens, ce qui est bien dans la façon de faire des directives européennes, comme une voie vers l’intégration européenne, avec une demande de fonctionnement complet des règles de gestion modlaves en Transnistrie;
  • l’interdiction de traverser la frontière pour les véhicules avec une plaque transnistrienne;
  • le refus de délivrer des permis pour les transports transnistriens de passagers;
  • La loi moldave sur le placement des points de contrôle ukrainiens avec accès complet à toutes les bases de données et la loi effectue des fonctions administratives, etc..

La Russie prête si besoin

L’OTAN met en garde sur le fait qu’une enclave pro-russe en Moldavie pourrait être la prochaine cible de Moscou après la Crimée. Le commandant en chef de l’OTAN en Europe, Philip Breedlove a déclaré le 23 mars 2014 que la Russie a une force armée de grande envergure le long de la frontière de l’est de l’Ukraine et il s’inquiétait sur le fait que cela pouvait représenter pour la région séparatiste de Moldavie. La Russie a lancé un nouvel exercice militaire, impliquant 8 500 artilleurs, près de la frontière ukrainienne, il y a dix jours. Breedlove a également dit que la tactique russe devrait guider l’alliance militaire des 28 nations de l’Ouest pour repenser le déploiement et la préparation des forces en Europe de l’est afin qu’elles soient prêtes à répondre aux mouvements de Moscou.

Comment les forces russes pourraient-elles se déplacer à cet endroit? La Transnistrie est enclavée et, pour la rejoindre, les troupes russes devraient traverser l’ouest de l’Ukraine. Toutefois, les forces russes basées sur la côte est de la Mer Noire pourraient évidemment organiser un pont aérien. Depuis qu’elle a mené une brève guerre d’indépendance pour se séparer de la Moldavie en 1991, la Transnistrie est le lieu de résidence d’une garnison de “maintien de la paix” d’environ 1000 soldats russes. La Russie possède aussi l’option d’inclure Odessa au sein d’une “ceinture de sécurité” qui relierait probablement la Crimée à la Transnistrie.

En Moldavie, l’appétit pour l’intégration européenne de ses 3,5 millions d’habitants a faibli bien avant la crise ukrainienne et l’élection parlementaire à venir en fin d’année pourrait signer le retour du parti communiste pro-russe qui a été éjecté du pouvoir en 2009. La Moldavie est tombée sous la politique de voisinage de l’UE, qui ne contient aucune promesse explicite d’adhésion semblables à celle faites aux pays de l’ouest des Balkans.

La Gagauzie a aussi fait un référendummoldova_v3

A la suite d’une déclaration d’indépendance en 1991,Comrat (capitale de la Gagauzie) a accepté de rester au sein de la Moldavie, après que Chisinau ait accepté d’accorder à la région le statut de “zone autonome spéciale”. L’autorité de Chisinau a été remise en cause en février 2014 quand la Gagauzie a organisé un référendum pour rejoindre l’union douanière eurasienne dirigée par la Russie. Le référendum a fait suite à la décision de Chisinau de signer le traité de libre-échange avec l’union européenne en novembre 2013 – le même traité que lex-président ukrainien Victor Yanukovich a repoussé quand il a opté pour l’union douanière avec Moscou. La Gagauzie a une population d’environ 155 00 personnes, en grand partie de l’ethnie gagauz, orthodoxes de langue turque. Beaucoup redoutent que l’intégration de Chisinau à l’UE masque la volonté d’unir la Moldavie avec sa voisine la Roumanie.

Une écrasante majorité des votants au référendum, tenu avec un taux de participation de 70%, qui s’est tenu dans la région autonome de Gagauzie a voté pour une intégration au sein de l’union douanière dirigée par la Russie: 98,4% des votants ont déclaré être en faveur d’un rapprochement. Sur une question posée indépendamment, 97,2% des votants on déclaré être opposés à l’intégration européenne. De plus, 98,9% des votants ont soutenu le droit pour la Gagauzie de déclarer son indépendance si la Moldavie perdait ou se défaisait de sa souveraineté. Le gouvernement moldave a déclaré inconstitutionnel le référendum tenu en Gagauzie, ne lui reconnaissant aucune légitimité.

Même si la situation, du point de vue de la sécurité, reste calme en Gagauzie, le comité éxécutif de Comrat a annoncé le 26 mars sa décision d’établir des postes de police indépendants dans la ville ainsi que dans la ville du nord Briceni et celle du sud Cahul. Moscou a montré son soutien à la Gagauzie suite au référendum. Le gouverneur de la région, Mihail Formuzal est passé à Moscou en mars 2014 et en est revenu avec l’impression que la Russie était prête à l’extension de ses partenariats avec la Gagauzie et à fournir le “soutien nécessaire”. Malgré un embargo sur le vin moldave, la Russie se mit a en importer de Gagauzie, probablement comme une tentative d’encourager la bonne volonté des gagauzes envers leur bienfaiteur.

Ligne médiane

Il est facile de dire que le fait d’incorporer la Transnistrie, tout comme la Gagauzie, l’Abhkazie, l’Ossétie du Sud et la Crimée, au sein de la Fédération de Russie (et le Nagorno-Karabahk à l’Arménie) est contraire aux lois internationales (quelles qu’elles soient) ou à quelque traité international. Même si l’entrée de la Russie dans l’est de l’Ukraine pourrait être , selon ce que dit l’ouest, une invasion-occupation-annexion. Cependant, pour moi, ces actions sont bien plus légitimes ou justifiées que l’expansionnisme américain, les guerres secrètes et les interventions autour du globe.

Les scénarii autres que l’unification avec la Russie pour la Transnistrie sont:

  • Le maintien du statu quo, c’est à dire la continuation de cette “guerre froide”;

 

  • La réintégration de la république de Moldavie sous condition de l’établissement d’une confédération incluant la Moldavie, laTransnistrie et la Gagauzie. Cela pourrait être un choix pragmatique pour l’Ukraine également;

 

  • La Transnistrie acquiert son indépendance et sa reconnaissance internationale;

 

  • L’union à l’Ukraine ce qui, aprèsle coup d’état à Kiev semble l’option la plus farfelue, selon moi.

Pour moi, même sans reconnaissance internationale, la Transnistrie correspond aux critères d’un état souverain au regard du droit international, en ce qu’elle a un territoire défini, une population, une autorité élue et la capacité de nouer des relations internationales. Elle cherche actuellement la reconnaissance internationale de son indépendance de facto et de sa structure étatique.Aussi longtemps que le statut de la Transnistrie ne sera pas résolu, cela restera un obstacle majeur pour l’entrée de la Moldavie au sein de l’UE, cette dernière ne voulant pas d’un autre “état divisé” comme Chypre en son sein.

Source

Traduit de l’anglais par mes soins. Libre de droits sous réserve de me citer.

Posted by: petokask | April 8, 2014

Retour en fanfare

Bon je m’y replonge pour de vrai.

Les événements en Ukraine, et plus généralement le renouveau d’un affrontement de deux conceptions du monde (monde unipolaire vs monde multipolaire) secouent les chancelleries du monde entier et, plus proche de nos convictions, la réacosphère. Faut-il soutenir Poutine car il est un homme à poigne comme on les aime, ce qui nous manque tant? faut-il soutenir nos camarades du Secteur Droit en tant que camarades de combat qui luttent pour l’indépendance de leur pays?

J’admire Boréas qui se démène pour tracer sa voie entre la propagande bénie oui-oui des merdias atlantistes qui tressent des couronnes à Svoboda en les sacrant hérauts de la résistance à cette nouvelle pieuvre immonde qu’est l’ours russe et celle antiaméricaine de Poutine. Il risque d’y récolter plus d’ennemis que d’amis. Mais comme le dit si bien le proverbe “Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur”!

Pour ce qui me concerne, je me sens assez en phase avec ce qui a été écrit par le porte-parole du M.A.S. je vous invite tous à lire leur mise au point ici.

Par contre pas question pour moi de me taire, l’aspect géopolitique et diplomatique est trop intéressant pour cela. Mais à la manière de nos illustres journalistes d’avant 1945, je vais essayer d’aller chercher l’info auprès de sources loin du mainstream.

Petokask, bien content d’emmerder le monde!

 

Posted by: petokask | December 11, 2013

Me revoilà!!

Je suis de retour et en attendant le prochain article (qui ne devrait pas tarder, vu que grâce à nos gouvernants, j’ai moins de chance de trouver du travail qu’un somalien à manger), je vous laisse passer les fêtes de Noël dans le silence et le recueillement du lac Baïkal comme l’a fait ce français.

Posted by: petokask | August 14, 2013

Et ainsi commença la bataille d’Athènes

Voici une série d’articles traitant de la bataille pour la mairie d’Athènes qui se déroule en ce moment. Le premier date de mai.

Nationalistes

Article du journal “Epikaira”.

Avec l’objectif de remporter la mairie d’Athènes et le prétexte u refus du maire de l’autoriser à effectuer des distributions de nourriture réservées aux grecs, l’Aube Dorée suit son plan, qui nous promet de nombreuses bagarres. Au centre de celui-ci, il y a des actions grâce auxquelles l’Aube Dorée compte engranger un avantage en voix, quand le temps des élections sera venu, avantage dû à la crise financière et aux immenses problèmes qu’Athènes rencontre avec l’immigration clandestine.

Bien que l’Aube Dorée évite de faire des déclarations à propos du résultat et avance masquée, ses dirigeants sont à l’évidence satisfaits puisque de récents sondages, couvrant toute la Grèce mais spécialement Athènes, révèlent de hauts pourcentages pour leur parti, en particulier au sein des quartiers défavorisés (NdT: comprendre quartiers gangrenés par l’immigration, les crimes et trafics!), aboutissant à leur confiance qu’ils pourront “assurer” sur les élections municipales. Nous avons déjà eu vent du nom du possible candidat au siège de maire: Ilias Kasidiaris, porte-parole du Parti, qui, nous pensons, ne refusera pas une telle proposition venant de Nikos Michaloliakos. La question est  de savoir si le Secrétaire général fera une telle proposition.

les membres de l’organisation parient sur le fait qu’il y a déjà des signes indiquant des déchirures et rivalités internes au sein de Nouvelle Démocratie (NdT:  l’UMP locale), bien qu’il n’y ait que peu de chances de voir apparaître un schisme entre la l’aile la plus à droite et l’aile centriste du parti. En fait, dans l’hypothèse où le candidat d’Aube Dorée parvienne au second tour des élections et ait à affronter un membre de Syriza (NdT: le Front de Gauche local), le parti croit qu’il augmentera ses chances de victoire.

Dans ce contexte, on peut conclure que les conflits entre le parti et le maire d’Athènes sont dûs à tout sauf au hasard. Ce dernier, qui  a annoncé son intention de briguer un autre mandat, était essentiellement la cible prioritaire dans la bataille pour la municipalité et le reste à cause de ses plans de construction de mosquées, qui prévoient deux mosquées par arrondissement d’Athènes. Cette question, sur lesquelles nous avons eu beaucoup d’annonces ces derniers jours, intéresse beaucoup l’Aube Dorée, et elle se prépare à être la figure de proue des protestation et de l’activisme contre la construction de temples musulmans dans Athènes.

M. Kaminis (NdT: le maire d’Athènes), décrit par Aube Dorée comme “un athée, communisme américain et immigrationniste fou”, demeure la cible de l’Aube Dorée. Le parti  a révélé que les habitants payaient 45 000 € par mois pour la protection personnelle du maire et ils leur rappellent cela d’un vieux procès que le  maire lui-même a  déposé, demandant 289 220,08 € à l’État, car il prétendait avoir droit à un meilleur salaire.

En tout cas, l’Aube Dorée a déclarée qu’elle seule était juge pour décider de réserver ses cuisines collectives et autres actions similaires réservées aux grecs, estimant qu’ils avaient beaucoup progressé grâce à cette tactique et élargi leurs interactions avec la société. Ils sont sûrs que la décision du maire et de la police grecque d’interdire la distribution de nourriture place Syntagma leur profite politiquement. Après tout, la classe sociale que vise Aube Dorée est celle qui est le plus durement touchée par la crise financière. Ceci est confirmé par le fait que les distribution de nourriture par les équipes de l’Aube Dorée à travers tout le pays continueront ces prochains jours.

Source:

Posted by: petokask | August 8, 2013

Le présiflan, premier dans un classement!

Si si vous avez bien lu! C’est la première fois que pépère est premier en quelque chose. Bon ok j’ai menti, il a été premier secrétaire du PS pendant dix ans. Qu’a t-il fait là basme demanderez-vous. Rien bien sûr, mais là n’est pas le sujet. Aujourd’hui nous parlons d’un sujet autrement plus sérieux. Voyez plutôt.

C’est un site en langue rosbif qui fait des classements d’hommes politiques. Et là, magie de magie, notre capitaine du radeau de la méduse est arrivé premier en tête du classement… des pires politiciens du MONDE!! Eh oui. A un détail près c’est que les neuf autres personnes du classement ont déjà eu au moins des fonctions ministérielles, même une jeune haïtienne d’une trentaine d’années, ce qui n’est pas le cas de mou 1ier!

Je vous traduis le petit paragraphe car ça vaut son pesant de cacahuètes.

Francois-Hollande

“François Gérard Georges Nicolas Hollande est l’actuel président de la France et co-prince d’Andorre. Il a auparavant occupé le poste de premier secrétaire du parti socialiste français de 1997 à 2008. Selon le dernier sondage paru, seuls 15% des français ont une bonne opinion de lui en tant que président.

Le chômage a très fortement augmenté depuis son élection et atteint maintenant un record historique.Il a effectué des changements dans le code des impôts ce qui fait que beaucoup de riches français ont quitté le pays. Il est un des plus puissants promoteurs du socialisme en Europe au moment même où celle-ci a besoin d’innovation, de moins de dépenses publiques, d’esprit d’entreprendre et de croissance.”

Source

Remarquez la tête d’ahuri sur la photo!😉

Je propose qu’on l’appelle “majesté” vu qu’il est prince d’Andorre. et comme ça on pourra encore une fois chanter “les aristos à la lanterne“, vu qu’il y loge en ce moment avec madame de maintenant, sa maîtresse.

Cette fin de billet va faire hurler koltchak mais bon…🙂

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